La corrélation entre le dollar/yen et les marchés boursiers n'a pas totalement disparu

le 07/09/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Carole Laulhere, stratégiste change chez SG CIB

L'Agefi : Depuis février dernier, le dollar s’est déprécié de 14 % face à l’euro. Cette dynamique peut-elle se poursuivre ces prochains mois ?

Carole Laulhere : L’appétit pour le risque, essentiellement nourri par l’amélioration des indices de confiance et d’activité mondiaux, reste ancré en cette rentrée. Tant que les marchés boursiers et les devises procycliques plafonneront autour de leurs plus hauts de l’année, l’euro/dollar restera proche des plus hauts atteints cet été à 1,4430. Pour autant, le rally boursier donne des signes d’essoufflement. Les investisseurs craignent que la reprise ne soit qu’un feu de paille, allumé par le cycle des stocks et les mesures de soutien dans les secteurs de l’automobile et du logement. Contrairement au secteur manufacturier, la consommation aux Etats-Unis reste atone. Autant d’éléments favorables à un retour de l’aversion pour le risque ces prochains mois, qui ramènera l’euro/dollar vers 1,38 fin 2009.

Le yen retrouvera-t-il son statut de valeur refuge de manière durable ?

La corrélation entre le dollar/yen et les marchés boursiers a largement diminué depuis le rally boursier entamé en mars dernier. Elle n’a toutefois pas totalement disparu. Le yen pourrait retrouver un statut de valeur refuge dans le cadre de prises de profit sur les actions mondiales. Attention également à une contamination de l’actuel repli des marchés chinois aux places mondiales. Celle-ci pourrait intervenir si les craintes sur la soutenabilité de la reprise économique chinoise et sur les prêts menaçaient les perspectives économiques mondiales. Des rapatriements de capitaux nippons placés à l’étranger, dont les profits sont désormais exemptés de fiscalité, devraient également soutenir le yen.

A lire aussi