« La correction obligataire ne fait que commencer »

le 12/04/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC

L’Agefi: Le scénario d’une hausse des Fed funds avant fin 2010 vous paraît-il possible ?

Jean-Louis Mourier: L’évolution de la politique monétaire américaine pourrait passer ces prochains mois par un relèvement de l’objectif de Fed funds, mais ce n’est pas sûr. Au sein du FOMC, les «colombes» prônent un statu quo durable et les «faucons» affirment qu’il convient de rester vigilant. Lors du dernier FOMC, les premières semblent l’avoir emporté sur les seconds avec le maintien de la référence à des taux directeurs durablement bas. Leur victoire n’est toutefois pas totale, le compte-rendu de la réunion précisant que la formule n’engage pas autant la Fed que certains l’imaginent: la durée de cette période prolongée dépend des conditions économiques. L’amorce de normalisation de la politique monétaire est inéluctable. Elle ne passera pas forcément par un relèvement de l’objectif de Fed funds, mais elle impliquera une hausse des taux de marché.

Pour ces prochains mois, tablez-vous sur une nette tension des taux longs américains et britanniques ?

Plusieurs éléments plaident pour que la hausse des taux à long terme, notamment anglais et américains, se poursuive. La force de la reprise peut encore surprendre. L’inflation pourrait rester plus élevée qu’anticipé quand les effets de base se seront estompés, malgré la persistance d’importantes capacités de production inutilisées. Le maintien à niveau relativement bas des taux à long terme en période de creusement rapide des déficits publics est le produit des politiques monétaires très accommodantes. L’amorce de normalisation, elle, amplifiera la correction sur ces marchés, notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

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