Les corporates européens sont de plus en plus nombreux à bouder la notation

le 27/04/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

43 émissions non notées ont eu lieu depuis janvier 2009, dont 19 en 2010. UniCredit y voit une chasse aux coûts superflus

Payer une agence de notation n’est pas toujours jugé indispensable. Thomas Cook, Lagardère ou encore Christian Dior ont réalisé, avec succès, des émissions sur le marché obligataire sans être notés. Et ces opérations sont en pleine explosion selon les données d’UniCredit qui estime le début du mouvement à janvier 2009, avec un pic à la fin de l’année. 24 émissions non notées ont été réalisées l'année dernière. 19 sont déjà enregistrées depuis janvier 2010. La plupart sont le fruit d’entreprises françaises qui représentent 26% des émissions sur les 43 totalisées depuis début 2009. Air France-KLM qui avait émis 700 millions d’euros en octobre dernier ou plus récemment les Galeries Lafayette et Legrand qui ont émis 300 millions d’euros chacun, font partie des résistants.

Les entreprises qui choisissent le non-noté ne font pas face à plus de difficultés que les autres pour se financer. Les conditions s’améliorent même entre 2009 et 2010. Le spread median sur les swaps pour ce type d’opérations étaient de 313 bp en 2009, contre 225 en 2010. «Toutes les obligations émises sur la période avaient un coupon fixe, en ligne avec les taux et les spreads les plus bas du marché», explique l’équipe de recherche crédit d’UniCredit. Le coupon médian a baissé de 5,625 % à 5 % entre 2009 et 2010. Côté maturité, les émissions se sont légèrement rallongées passant en années médianes de 5,1 à 6,1.

Selon UniCredit, le choix des émetteurs serait motivé par le coût élevé du processus de notation ainsi que sa lenteur, couplé avec un impact difficile à mesurer. «Le non-noté est jugé plus rapide et plus efficient», explique Unicrédit qui souligne que les émissions non notées, sont  transparentes et sont bien connues par les marchés. Ces dernières visent, par ailleurs la plupart du temps la clientèle de détail. Plus de la moitié des opérations se sont faites sur des parts de 500 ou 1.000 euros. Malgré l’absence de notation, UniCredit estime que les émissions peuvent être assimilées à du BBB.

En tout cas, du fait d'une offre réduite, le mouvement pourrait perdurer. «La tendance est au manque d’opportunités d’investissement, et pas seulement dans le crédit.(…) Nous pensons donc que le besoin de diversification à long terme sur des sources de financement sans garantie va continuer», conclut UniCredit.

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