Construction et automobile enfonceront la France dans la récession en 2009

le 09/01/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après une croissance du PIB de 0,9% en 2008, Crédit Agricole anticipe une contraction de 0,6% cette année, avant une reprise de 1,2% en 2010

Difficile année en perspective pour l’économie française. Alors que les économistes du Crédit Agricole misent sur une contraction de 0,6% du PIB cette année après une légère progression de 0,9% en 2008, seuls 8 secteurs (sur 38) devraient enregistrer une croissance cette année (voir graphique), sans compter une probable révision à la baisse de ces perspectives à mi-année, anticipent ces experts.

A l’instar de 1993, comparable par l’ampleur de la récession, où seuls 4 secteurs avaient affiché une croissance (pharmacie, papier-carton, travaux publics et cosmétiques). Alors qu’en juillet dernier, Crédit Agricole anticipait une croissance pour 68% de la production française 2008, il ne mise maintenant que sur une hausse pour 33% de la production et une baisse pour 58%. Des perspectives quasiment identiques pour 2009 (59% de baisse, 33% de croissance et 8% de stabilité). Si une amélioration significative de la production 2009 par rapport à 2008 devrait concerner près d’un tiers de la production, ces secteurs ne seront pas pour autant en croissance, à l’instar de l’automobile (voitures particulières) dont la croissance devrait reculer de 8% en 2009, après une chute de 13% en 2008. Premier secteur de l’économie, contribuant à près d’un quart de la production nationale et près d’un tiers de la valeur ajoutée, la construction connaîtra un ralentissement accru, passant de -3,8% estimé 2008 à -7,7% prévu en 2009 pour le bâtiment, et de -1,3% à -6% pour les travaux publics. Tant les logements collectifs que les maisons individuelles et le non-résidentiel s’inscriront en recul à deux chiffres. Et l’entretien-rénovation, traditionnellement robuste, devrait atteindre le point mort.

Pour sa part l’industrie automobile devrait limiter sa chute en 2009, hormis le segment des véhicules utilitaires, stable en 2008 et attendu en recul de 7% (moins decinq tonnes) à 10% (plus decinq tonnes) cette année. Heureusement, les métiers de l’aéronautique, de la défense et de la technologie devraient continuer à tirer l’économie française, même si leur croissance ralentira par rapport à l’an dernier. En particulier, l’électronique de défense devrait être portée par la bonne santé du secteur et par la mise en œuvre du Livre blanc sur la défense. Quant à la pharmacie, elle devrait se maintenir sur un rythme de croissance de 4%, un niveau historiquement faible, même s’il représente la deuxième plus forte progression sectorielle! Crédit Agricole table sur une contraction de l’activité de 0,5% sur les trois derniers mois 2008, et de 0,3% au premier trimestre 2009. Un repli «qui pourrait être amplifié par des déstockages, notamment dans l’industrie où des arrêts de production importants sont programmés», précise Olivier Bizimana, économiste au Crédit Agricole.

Entre resserrement des conditions de crédit, chute de la confiance, réduction de l’investissement des entreprises (attendu en baisse de 3,2% après une hausse de 1,8% en 2008) et tassement de la consommation des ménages (estimée à +0,7%, après +1% l’an dernier), 2009 sera difficile, mais la croissance devrait s’établir à +1,2% en 2010 «à la faveur d’une dissipation de la plupart des facteurs négatifs». Toutefois, Crédit Agricole rappelle que son scénario central «est entouré d’une grande incertitude qui tient essentiellement au fait que la récession de l’économie française a des causes principalement extérieures». En premier lieu, la durée de la récession américaine. Au plan domestique, l’ampleur des ajustements de l’investissement constitue le principal facteur pouvant surprendre à la baisse.

A lire aussi