« La confiance des opérateurs demeure fragile »

le 28/06/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Samir Bederr, gérant-analyste à La Banque Postale Asset Management

L'Agefi : Le marché du crédit est en train de se rouvrir. Quels sont les besoins de financement des entreprises ?

Samir Bederr: Le marché du crédit se rouvre, certes, mais uniquement partiellement. En effet, quasiment toutes les entreprises ou banques qui ont émis depuis un mois sont originaires du Nord de l'Europe. L'accès au marché primaire demeure en revanche encore fermé aux émetteurs espagnols, grecs et portugais. Même si un marché primaire actif peut être considéré comme un signe de bonne santé du marché du crédit, nous attendrons néanmoins que toutes les entreprises puissent y avoir accès pour nous réjouir pleinement. Les entreprises industrielles investment grade ont pris de l'avance sur leur refinancement, et ne semblent pas pressées d'émettre. En revanche, les banques européennes doivent inévitablement émettre des obligations car le système bancaire, qui prête à moyen et long termes, ne pourra se contenter éternellement d'un refinancement à court terme auprès de la BCE. Cette question est essentielle mais pas urgente.

Les conditions de marché sont-elles efficientes ?

Les marchés dans leur ensemble, et notamment les marchés de taux en Europe, demeurent très affectés par la défiance souveraine envers les pays du sud de l'Europe. La confiance des opérateurs demeure fragile et les banques, dont le rôle de market makers est fondamental au fonctionnement efficient d'un marché obligataire, n'échappent pas à la règle. Les investisseurs, qui semblent disposer d'amples liquidités, hésitent encore à prendre plus de risque pour l'instant. Dans ces conditions de marché peu efficientes, certains arbitrages fondamentaux ne sont plus réalisés, offrant d'intéressantes opportunités pour un investisseur qui a le temps avec lui.

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