Les capitaux retournent vers les Etats-Unis

le 18/08/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les investisseurs étrangers ont acheté en juin pour 100,5 milliards de dollars de Treasuries

L’incertitude accrue sur le calendrier d’une sortie de récession des économies mondiales et d’une normalisation totale des marchés financiers profite aux actifs financiers à long terme américains. En juin, les investisseurs non résidents en ont acheté, en net, pour 90,7 milliards de dollars, après 19,4 milliards de dollars de ventes nettes en mai. C'est ce qu'a rapporté hier le Trésor américain. Un rebond nourri par les achats nets de Treasuries, qui ont atteint 100,5 milliards de dollars.

En juin, le Japon et le Royaume-Uni, les deuxième et troisième plus importants détenteurs de dette souveraine américaine, en ont acquis, avec le Brésil et le Luxembourg, un total de 105,4 milliards de dollars. Sur le mois, les achats de dette corporate américaine de 19 milliards de dollars ont compensé partiellement les 33 milliards de ventes d'obligations et actions étrangères vendues sur le sol américain.

Les emprunts d'Etat américains ont ainsi endossé leur statut de valeur refuge au moment où le doute planait sur le calendrier d'une sortie de récession et de normalisation des marchés financiers. Pourtant, cette dynamique est surprenante au regard de la dégradation accélérée des finances publiques américaines. Le déficit budgétaire outre-Atlantique a atteint un niveau record en mai à 180,68 milliards de dollars. Le déficit commercial, lui, s’est creusé à 27,01 milliards de dollars en juin. Le regain d'appétit a permis de compenser la dynamique vendeuse du côté chinois. 

De fait, les inquiétudes affichées début juin par l’administration Obama sur la moindre appétence de la Chine pour les emprunts d’Etat étaient fondées. Malgré le passage à Pékin de Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor américain, venu rassurer les dirigeants politiques chinois sur l’état de santé économique des Etats-Unis, la puissance asiatique s’est quand même délestée de 25,1 milliards de dollars de dette souveraine américaine, portant ses détentions en Treasuries à 776,4 milliards de dollars. 

Par ailleurs, la Russie, les pays exportateurs de pétrole et ceux basés dans les Caraïbes n'ont vendu de leur côté que 11,6 milliards de Treasuries. L'image de la dette américaine perçue plus risquée au regard des comptes publics américains a probablement amené la Chine et la Russie à réduire leur dépendance à l’économie outre-Atlantique en diversifiant leurs réserves de change. 

Au bout du compte, cette inflexion favorable à la dette américaine a permis aux Etats-Unis de réduire les sorties nettes de capitaux (y compris à court terme) à 31,2 milliards de dollars, contre des sorties de 65,7 milliards en mai.

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