Les capitaux fuient les Etats-Unis

le 17/03/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les sorties nettes ont atteint 148,9 milliards de dollars en janvier. Un record historique

Il y a des records dont se passerait certainement l’économie américaine. Reste qu’en janvier c’est bien un record qui a été battu avec des sorties nettes de capitaux de 148,9 milliards de dollars. Le précédent pic datait d’août 2007 avec 133 milliards. Certes, les flux sur les actifs à court terme ont pesé lourd, mais le bilan sur les actifs à long terme (le plus regardé) n’est pas plus rassurant. Ils ont subi des retraits de 43 milliards de dollars, très loin des 45 milliards d’achats visés par le consensus.

Sur ce point, seul août 2007 avait fait pire avec -72,9 milliards de dollars (voir graphique). Le chiffre de janvier est en fait la conjugaison de deux mouvements. Ayant rapatrié pour 175 milliards sur les six mois précédents, les Américains ont cette fois acquis pour 22,4 milliards d’actifs étrangers. Parallèlement, les étrangers ont cédé pour 18,8 milliards d’actifs américains.

Pour RBC Capital Markets, «cette réticence des étrangers à acheter des actifs américains est une source d’inquiétude pour le dollar». D’ailleurs, le billet vert a fléchi juste après ces statistiques allant jusqu’à 1,3045 pour un euro contre un niveau voisin de 1,29 dans la matinée. Il est vrai, comme le soulignent divers économistes, que ces retraits posent la question de la couverture du déficit commercial qui bien qu’en recul s’est établi à 36 milliards de dollars en janvier.

Si la volatilité historique des statistiques incite à ne pas trop extrapoler les chiffres de janvier, la situation mérite bel et bien attention car ces sorties de capitaux auraient pu être pires sans les achats nets de 10,7 milliards de dollars dont ont bénéficié les titres d’Etat, notamment de la part de la Chine (+12,2 milliards). Or, le premier détenteur de Treasuries est en train de mettre la pression sur les Etats-Unis. Vendredi, Pékin s’est inquiété de l’impact des dépenses américaines sur la valeur de ses titres et a demandé des garanties. 

Barack Obama a répondu que les investisseurs pouvaient avoir «une confiance absolue dans la solidité de leurs investissements aux Etats-Unis». Mais il va sans dire qu’un allègement des positions chinoises pourrait avoir des conséquences douloureuses pour les flux de capitaux et pour les Treasuries, dont les rendements à 10 ans sont déjà passés de 2,89% à 2,97% depuis vendredi.

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