Les bonnes idées a minima de la BCE

le 28/05/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A en croire les humeurs publiques d’Axel Weber, les dernières décisions de la Banque centrale européenne (BCE) semblent avoir été prises dans la douleur et du bout des lèvres. Quoi qu’il en soit, ce sont deux bonnes idées. Enfin ! 

La première concerne le glissement sémantique sur la politique conventionnelle de taux. Prenant le contre-pied des positions rabâchées par ses collègues - Axel Weber en particulier -, le président de la BCE a décrété que même s’il est approprié pour l’heure, le niveau actuel des taux (1 % pour le refi) n’est pas un plancher monétaire de facto. Un soulagement à la lecture de notre indicateur à fin 2010.

La deuxième bonne idée touche à la politique non conventionnelle d’achats de covered bonds (CB). Il faut y voir une idée des plus ingénieuses qui soient pour assouplir le crédit en Union monétaire. Sur le plan de la stabilité financière, dont la BCE est garante, les achats de CB renforcent le métier bancaire traditionnel et restaurent la transparence du système, puisque le risque de crédit reste au bilan de la banque émettrice. Comme soutien à l’économie, ils stimulent la distribution de crédit à long terme et assurent que les liquidités données aux banques ne servent pas à autre chose. Ciblant le crédit immobilier (60 % des encours de CB), ils diminuent le risque de déflation dans les pays les plus exposés (Espagne, Irlande). Ils offrent aussi une source de diversification au financement des déficits publics (40 % des encours) à un moment où le marché sature d’émissions souveraines.

Ils sont enfin les seuls actifs à autoriser une aide symétrique de la BCE, dans la mesure où les crédits sous-jacents aux CB ne doivent pas forcément être localisés dans le pays de la banque émettrice. En tant qu’investisseur enfin, la banque centrale ne prend qu’un risque minime à son bilan, les CB étant structurés comme dettes seniors sécurisées sur des pools d’actifs sûrs et hautement régulés.

Saluons donc la BCE pour ces décisions, quand bien même il s’agirait du plus petit dénominateur commun aux gouverneurs.

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