BCE : une stratégie de sortie à couvert

le 30/07/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Alors que la Réserve fédérale américaine communique abondamment sur les modalités de sortie de sa politique actuelle (taux zéro, injections de liquidité et assouplissement du crédit), les banquiers centraux européens se montrent comme à leur habitude plus discrets. Le seul indice dévoilé est que les hausses de taux directeurs seront ultérieures à l’extinction des autres mesures.

La discrétion de la BCE en ce domaine est, pour une fois, à la mesure de l’effort nécessaire. D’abord, les injections de liquidités par la BCE restent modestes. Son bilan n’a enflé que de 430 milliards d’euros depuis septembre 2008, soit une augmentation de 30 % contre 120 % pour le bilan la Fed ! Ensuite, certaines mesures s’éteindront « naturellement », en ne les renouvelant pas. Il en est ainsi de l’extension temporaire des critères d’éligibilité pour les prises en pension, qui arrive à échéance fin 2010. Deux opérations de financement à long terme prendront fin en septembre et en décembre prochains, celle lancée le mois dernier sera débouclée fin juin 2010. La décision de la BCE de reconduire ou non ces mesures dépendra de la capacité du marché interbancaire à supporter leur extinction. La clôture de l’exercice comptable en fin d’année constituera un test.

Rien n’oblige la BCE à se défaire des obligations sécurisées qu’elle aura acquises d’ici à juin 2010, puisqu’elle ne porte aucun risque significatif de crédit. Au contraire, les intérêts tirés de leur détention pourraient s’avérer utiles, dans le cas où la banque centrale déciderait une sortie rapide. Une telle stratégie sera en effet plus coûteuse, car la BCE devra retirer des liquidités en offrant à ses contreparties des dépôts à terme rémunérés ou, moins probablement, en émettant des certificats de dette.

La stratégie de sortie de la BCE se fera donc pour la plupart « à couvert » et sans grand effet d’annonce. Le plus clair signal qu’elle pourra donner quant à ses intentions sera l’arrêt des procédures d’appel d’offre à taux fixe et service total des soumissions décidé le huit octobre dernier.

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