La BCE, plus courageuse que prévu

le 11/05/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Philippe-Henri Burlisson, responsable de la gestion taux chez Groupama Asset Management

L’Agefi : Quels seront les effets des mesures non conventionnelles de la BCE ? 

Philippe-Henri Burlisson : Jean-Claude Trichet avait promis des précisions et tous les scénarios ont été imaginés. Les annonces des officiels de la zone avaient récemment tempéré les ardeurs. La BCE est donc apparue plus courageuse qu’anticipé. La porte à de futures baisses n’est finalement pas fermée. Les maturités des opérations de refinancement sont bien allongées et la Banque européenne d’investissement devient une contrepartie éligible. Et, même si cela manque encore de détail et de profondeur, un accord de principe pour acheter 60 milliards d'euros de « covered bonds » est annoncé. Ce n’est pas le grand soir, mais tout ceci va dans le bon sens et devrait soutenir les émissions gouvernementales, donner de l’air aux banques et relancer le marché des « covered ».

Quel bilan dressez-vous de la politique d'assouplissement quantitatif de la Fed ? 

La politique de la Fed revêt de nombreux aspects. L’annonce du 18 mars dernier en fût le point d’orgue, mais n’oublions pas les autres programmes notamment ceux aux acronymes se terminant par le F de « facility ». Le bilan ne pourra donc se faire que sur le long terme, selon la dynamique de redressement de l’économie américaine. Sur un horizon plus restreint, tous les ingrédients étaient présents pour un cocktail indigeste : émissions gouvernementales pharaoniques, quelques chiffres économiques moins mauvais qu’attendu, retour de l’appétit pour le risque, et souffle euphorique post-G20. La hausse des taux longs est donc finalement restée limitée. A cette aune, on peut dresser un premier bilan plutôt positif de cette politique.

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