La BCE devrait encore inonder les banques

le 29/06/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le marché parie sur une demande de 210 milliards d'euros à l’offre de liquidités à 3 mois de demain

Demain, le résultat de l’opération de refinancement à 3 mois de la BCE en dira long sur la santé des banques européennes. Celles-ci devront rembourser jeudi 442 milliards d’euros de liquidités prêtées par la banque centrale il y a un an. Tandis que les banques des pays périphériques de la zone euro continuent d’être les principaux demandeurs de liquidités de l’eurosystème, la demande moyenne des banques à l’offre à 3 mois pourrait avoisiner les 210 milliards, selon un sondage de Reuters. Ce qui serait un record pour ce type d'opération.

L’expiration jeudi de l’opération de refinancement long terme (LTRO) illimitée, à taux fixe et à un  an de la BCE a de quoi faire trembler les marchés monétaires et obligataires. Lancée par la BCE le 24 juin 2009, elle avait atteint un record de 442 milliards d'euros, soit près de 50% de l'encours actuel des opérations de liquidité de l'euro-système.

Celles-ci s’élevaient hier à un record de 878,6 milliards d’euros, rachats d’obligations sécurisées compris, alors qu'en temps normal, composées principalement des exigences de réserves et des facteurs de liquidités autonomes, elles s'élèvent à 550 milliards. Le surplus de liquidité actuel au sein du système avoisinerait donc les 300 milliards, selon Barclays Capital.

Pour autant, la BCE restera au chevet des banques. Selon la banque britannique, l'opération à un an sera refinancée, partiellement ou totalement, par deux nouvelles opérations: une injection à taux fixe illimitée à 3 mois le 30 juin et une opération de calibrage fin exceptionnelle à 6 jours, annoncée en mars, le lendemain. «Tout ceux qui auront raté l’opération à 3 mois pourront alors aller à l’opération spéciale à 6 jours et encore avoir de la liquidité illimitée», note Barclays. Leurs résultats pourraient confirmer la dynamique de raccourcissement de la maturité des liquidités demandées.

Pour UniCredit, «le montant qui sera refinancé enverra un signal important sur la santé des banques européennes, affectera le montant de la liquidité en excès dans l’euro système et sera crucial pour la dynamique des taux monétaires». L'estimation de la demande varie de 12 à 400 milliards d'euros, entre les 27 banques sondées par Reuters.

«Nous tablons sur un montant de refinancement de 250-300 milliards d'euros vers le LTRO à 3 mois, ce qui laisserait le surplus de liquidité dans le système à 100-150 milliards d'euros», ajoute Barclays Capital. D'après Reuters, les liquidités excédentaires après l'expiration des fonds à un an sont attendues à une médiane de 150 milliards. RBS s’attend à une participation record de 250 milliards, soit une baisse de l’excès de liquidité de 260 à 100 milliards. Un niveau qui reste, selon la banque, cohérent avec un Eonia nettement inférieur à 0,50%. Ce dernier se situe à 0,321%,contre 0,67% pour l'Euribor 3 mois.

Mais les yeux sont rivés sur les banques des pays périphériques. Selon RBS, le recours aux LTRO par les banques irlandaises, grecques et espagnoles a crû de 95 milliards d'euros depuis l'injection à un an de juin 2009. D'ailleurs, pour Crédit Agricole CIB, le remboursement de la monnaie centrale par les banques pourrait déclencher des ventes de dette à haut rendement suite au retour sur le marché des actifs mis en garantie contre repo. Le calvaire des dettes périphériques pourrait s'intensifier...

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