La BCE aura du mal à passer à l’expansion quantitative par achat de titres

le 26/01/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Philippe Weber, responsable des études et de la stratégie chez CPR AM

L’Agefi: la BCE sera-t-elle, selon vous, amenée à opter pour une politique de taux zéro ces six prochains mois?

Philippe Weber:  Je ne le pense pas. Elle ira au moins jusqu’à 1,50%, mais un taux zéro se heurterait à la résistance de certaines banques centrales nationales. Il est vrai que l’urgence est sans doute plus dans le rétablissement de la circulation de la liquidité plutôt que dans le taux zéro, dès lors que les taux sont suffisamment bas: Monsieur Trichet répète d’ailleurs que la gestion de la liquidité et la politique monétaire doivent être séparées. De même, la BCE crée de la monnaie centrale en abondance depuis août 2007, mais elle aura du mal à passer à l’expansion quantitative par achat de titres, comme la Réserve fédérale. Cela étant, l’aggravation de la situation est telle que même la BCE pourra être amenée à utiliser ces (dernières) cartouches.

L’idée d’un assouplissement monétaire quantitatif outre- Manche fait-elle partie de vos scénarios?  La situation est encore plus grave au Royaume-Uni qu’en zone euro. Les taux iront donc sans doute à zéro ou près de zéro, d’autant que beaucoup de crédits sont indexés sur le taux directeur; l’effet est donc immédiat. Quant à la politique quantitative, elle est pour ainsi dire déjà en vigueur, le Trésor ayant autorisé la banque centrale à acheter des actifs de bonne qualité. Il faut noter qu'aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, l’expansion quantitative passera par l’acquisition de titres ciblés par la banque centrale, afin de revivifier certains marchés. Au Japon, il s’était agi essentiellement d’accroître la quantité de monnaie centrale, sans préoccupation explicite de la contrepartie.

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