La BCE a raison de rester prudente

le 14/09/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Philippe-Henri Burlisson, responsable de la gestion taux chez Groupama Asset Management

L’Agefi : La prudence de la BCE vous paraît-elle de mise au moment où les indicateurs semblent se redresser ?

Philippe-Henri Burlisson : Les multiples mesures prises ces derniers trimestres ont permis d’enrayer le volet systémique de la crise, notamment en inondant les marchés de liquidités, mais pas de résoudre durablement les problèmes structurels. De plus, l’amélioration de la conjoncture économique est réelle. Toutefois, elle est non seulement récente mais aussi de faible amplitude. Cela n’est donc qu’un fragile début de redressement qui mérite d’être protégé et confirmé. Dans ces conditions il est parfaitement compréhensible que la BCE soit prudente pour afficher, et mettre en œuvre, un quelconque plan de sortie de sa politique actuelle.

Le lancement la semaine prochaine d'un contrat à terme sur la dette italienne peut-il avoir un impact sur les taux souverains en zone euro ?

L’arrivée d’un nouvel instrument permettant de s’exposer et de se couvrir sur les marchés de taux aura naturellement un impact. L’amplitude de cet impact sera directement liée au succès de cet instrument (donc de sa liquidité). Il est encore trop tôt pour augurer de ce succès compte tenu notamment de la faible diversité de la courbe italienne. Par ailleurs, le sens de cet impact dépendra des sentiments de marché du moment. En effet, ce contrat permet de compléter la composante taux des contrats allemands par une composante spreads « interpays », particulièrement secoués ces derniers mois. Ainsi, dans une phase d’appétit pour le risque, l’arrivée d’un nouveau contrat de ce type contribuerait à accélérer la tendance au rétrécissement des spreads « interétats ».

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