Les banques relancent des émissions d’obligations non garanties

le 05/05/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Une vingtaine d’entre elles ont fait appel aux investisseurs le mois dernier, proposant des primes très attractives

Les conditions sur le marché de crédit s’améliorent pour les sociétés financières européennes les plus solides. Depuis le début de la crise à l’automne, seules quelques-unes étaient parvenues à émettre des obligations sans la garantie d’Etat, à l’image de BNP Paribas, de la Société Générale ou de HSBC France en décembre dernier. Mais en avril, les émissions ont fortement augmenté. Elles ont représenté près de 31 milliards d’euros, contre moins de 7 milliards d'euros en mars, d’après Calyon.

Une vingtaine d’émetteurs, se concentrant sur des maturités courtes, ont sollicité les investisseurs le mois dernier. Les financières britanniques, espagnoles, italiennes et néerlandaises ont été très actives. BNP Paribas, HSBC France et Compagnie Financière du Crédit Mutuel sont les émetteurs français venus sur le marché ces dernières semaines.

« Le contexte est porteur pour ces émetteurs et des opportunités pourraient se présenter jusqu’à la fin du deuxième trimestre, explique Gwenaëlle Lereste, analyste crédit chez Calyon. Le marché a pour l’instant réservé un bon accueil aux résultats trimestriels des banques. Les inquiétudes croissantes sur la qualité de crédit des Etats jouent en faveur des émissions non garanties. Surtout, avec une activité limitée sur le marché secondaire et des primes toujours élevées, les investisseurs privilégient le marché primaire ».

Pour son émission à cinq ans, Compagnie Financière du Crédit Mutuel, noté « A+ », a par exemple offert 255 pb. Les primes ont grimpé jusqu’à 350 pb pour Lloyds TSB et à 500 pb pour Aegon. Le niveau des primes n’a guère évolué depuis les premières émissions non garanties. Venu sur le marché en janvier et en avril pour des émissions à cinq ans, HSBC France a offert à ces deux occasions des primes proches, de 175 et de 180 points de base au-dessus des taux mid swap.

Les investisseurs demeurent malgré tout très sélectifs. Ainsi, les financières notées « AAA » et « AA » sont les plus nombreuses à émettre des dettes non garanties. Ces dernières ne devraient donc pas encore se substituer aux émissions garanties qui restent nombreuses. Depuis leur instauration à l’automne, 160 milliards d’euros ont été émis sous cette forme.

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