Les banques privées doivent repenser leur modèle

le 25/06/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les grandes fortunes privilégient les actifs moins risqués, et les trois quarts d'entre elles ont perdu confiance dans leur gestionnaire

Les grandes fortunes misent sur la sécurité dans le contexte actuel. Selon l’étude annuelle Capgemini - Merrill Lynch, la part moyenne de leur portefeuille en actions a chuté de 33 à 25 % en 2008, le monétaire et l’obligataire passant à 21 et 29 %, contre 17 et 27 % un an plus tôt. Un rééquilibrage pas seulement lié à l'effet marché. « La proportion de l’immobilier a progressé de 14 à 18 %, les investisseurs commençant à saisir des opportunités dans le secteur », a relevé mardi Martina Weimert, directeur associé de Capgemini France.

En outre, plus d’un quart des HNWI (« high net worth individuals ») ont retiré partiellement ou totalement leurs actifs. « 76 % des clients ont perdu confiance dans les gestionnaires de fortune », a indiqué Martina Weimert. Dès lors une double problématique se pose pour les banques privées. « La baisse des actifs, liée aux pertes subies et à l’attrition, ainsi que la croissance des produits à faible rendement, représentant plus de 50 % du portefeuille contre 44 % en 2008 pèse sur la rentabilité des banques », a souligné Martina Weimert. Les actifs à faible rendement (liquidités, obligations) totalisaient 16.500 milliards de dollars en 2008, contre 16.300 milliards pour les autres actifs. Le coefficient d’exploitation des gestionnaires de fortune s’est détérioré, passant de 68,1 % en 2007 à 73,7 % en 2008, selon l’étude qui se base sur un panel intégrant les quinze premiers acteurs du secteur.

Selon l’étude, les gestionnaires de fortune doivent dès lors développer des leviers stratégiques portant sur la qualité des relevés de compte et des reportings, sur la gestion des risques, sur l’offre et l’accès aux services sur internet, sur la facturation et l’adaptation de l’offre produits.

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