Une baisse mesurée du yen paraît nécessaire pour restaurer la compétitivité des exportations du Japon

le 14/04/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jean Fauconnier, responsable de la gestion obligataire internationale chez Groupama AM

L'Agefi: Les mesures annoncées par le G20 constituent-elles un facteur de soutien pour le dollar ?

Jean Fauconnier: Le vent d’optimisme qui souffle depuis le G20 est, à court terme, un facteur positif pour les marchés financiers. Il engage l’aversion au risque à continuer sa décrue. Politiquement, il permet de préserver le leadership américain, remis en cause par une Asie qui, inquiète pour ses avoirs en dollars, souhaite trouver à terme une devise de substitution. Le G20 pose cependant la question du financement des 1.000 millards de dollars supplémentaire du FMI. La politique monétaire quantitative avec rachat de Treasuries apparaît plus comme une nécessité qu’un choix afin de maintenir les taux bas et un dollar stable. La planche à billets, le moindre soutien potentiel de l’Asie au financement des déficits futurs militent pour un dollar affaibli. A l’inverse, la perception d’une récession moins forte en 2009 aux Etats-Unis qu’en Europe ou qu’au Japon apporte un soutien au dollar.

Le yen est-il condamné à se déprécier davantage au vu du retour de l’appétit pour le risque ?

Avant même ce retour, le yen avait commencé à s’affaiblir en conséquence de chiffres macroéconomiques tout simplement désastreux. Citons le plongeon des exportations à -50 % en mars ou encore la croissance du quatrième trimestre 2008 à -12 % en annualisé. Le Japon, parmi le G7, va connaître la contraction du PIB la plus sévère en 2009. Malgré un troisième plan de relance et la politique très dynamique de la BoJ qui pratique un « quantitative easing » très large pour atténuer les risques de déflation et faciliter l’accès au crédit, une baisse mesurée du yen paraît nécessaire pour restaurer la compétitivité des exportations.

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