Des arbitrages sectoriels s’imposeront car la reprise de l’activité sera lente

le 11/05/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Christian Parisot, chef économiste chez Aurel BGC

L’Agefi : Peut-on espérer une poursuite de la reprise des marchés actions ?

Christian Parisot : Le marché a déjà observé un rebond spectaculaire. Il s’explique par trois éléments : technique (survente et fin de flux vendeurs), signe d’amélioration de la conjoncture (arrêt de l'ajustement des stocks et impact du plan de relance chinois), disparition du risque systémique. Mais la poursuite de cette hausse exigera d’autres signes positifs : resserrement significatif des spreads sur le marché du crédit, capacité des banques à émettre sans la garantie des états, normalisation du marché monétaire. La forte hausse des dépenses des Etats devra compenser le recul encore important de l’investissement des entreprises et une consommation des ménages freinée par une dégradation du marché du travail.

Les publications trimestrielles vous conduisent-elles à faire preuve de plus d’optimisme ?

Les résultats des entreprises ont été supérieurs aux attentes des analystes, mais restent en fort recul sur un an. Les entreprises ont ajusté rapidement leurs effectifs, d’où la violente dégradation du marché du travail, et réduit leurs besoins de financement (coupe des stocks et de l’investissement). Les « bon résultats » trimestriels sont d’abord le reflet de la réaction rapide et forte des entreprises. Mais le redressement de l’activité est loin d’être acquis dans tous les secteurs et la prudence se justifie. Il y aura une éclaircie conjoncturelle, mais des arbitrages sectoriels s’imposeront (au-delà des défensives contre les cycliques) car la reprise de l’activité sera lente et loin de toucher tous les secteurs en même temps...

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