L’Esma sonne l’alerte rouge pour les marchés européens

le 15/09/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’autorité a relevé à son niveau maximum son appréciation du risque de marché. Elle affine sa compréhension de la finance parallèle.

L’Esma a relevé hier à son niveau maximum son appréciation du risque sur les marchés. L’Autorité européenne de supervision des marchés, qui livrait lundi son deuxième rapport de l’année sur les tendances et les risques du secteur, juge désormais «très élevé» celui attaché aux marchés. L’indicateur de risque sur le crédit reste, lui, au rouge vif.

Le changement d’appréciation de l’Esma s’explique par «des volatilités élevées et des performances fluctuantes dans toutes les classes d’actifs – ce qui se traduit par des risques élevés pour les investisseurs, les infrastructures de marché et le système financier au sens large», note le superviseur. Jugé moins pressant (orange foncé), le risque de liquidité «devrait s’intensifier». Mais il pèse déjà sur l’analyse du marché obligataire. «Les craintes se sont accrues alors que les prix des actifs sont demeurés élevés, au-delà des fondamentaux, et que la liquidité du marché secondaire reste structurellement faible, écrit l’Esma. Dans cet environnement, le potentiel de débouclage désordonné des déséquilibres de marché s’est intensifié, et pourrait continuer dans cette voie, principalement en fonction des politiques monétaires dans les économies clés».

Un indicateur de risque pour les fonds obligataires

Le gendarme boursier pointe aussi l’accroissement de l’appétit pour le risque des investisseurs. «La quête de rendement des gestionnaires d’actifs s’est accompagnée d’une hausse du levier, lequel reste cependant très bas lorsqu’on le compare à d’autres types d’intermédiaires», indique l’Esma. En revanche, les mesures d’exception prises par la Grèce en juin et en juillet, avec un gel sans précédent des marchés actions, n’ont pas eu d’impact sur le fonctionnement des infrastructures hors du pays, se satisfait le superviseur.

L’Esma essaie en parallèle de mieux affiner sa compréhension du secteur. Et notamment ses instruments de mesure de la finance parallèle, évaluée à 6.000 milliards d’euros dans l’Union européenne. Un chapitre de son rapport dédié au shadow banking expose un «indicateur simple du risque de liquidité pour les fonds obligataires». L’Esma le réutilisera dans ses prochains rapports.

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