La Chine joue gros sur sa réforme des sociétés publiques

le 15/09/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En favorisant les investissements privés directs et les introductions en Bourse des entreprises d’Etat, Pékin espère soutenir son activité.

La Chine poursuit la réforme de ses entreprises publiques (SoE). En proie à une lourde chute de son marché actions et à un risque croissant d’atterrissage brutal de l’économie, le gouvernement chinois a publié hier une liste de mesures destinées à favoriser les investissements privés directs et les introductions en Bourse pour les SoE considérées comme ayant une activité «commerciale».

Les investisseurs privés pourront ainsi détenir des parts dans les sociétés publiques, même si l’Etat devrait rester majoritaire. Il demeurera l’actionnaire unique des sociétés «stratégiques» dont l’activité est considérée comme d’utilité publique. L’organe de gestion des entreprises publiques (SASAC) changera de statut pour se tourner vers la seule gestion de ses participations, alors que plusieurs programmes tests permettront d’ouvrir progressivement le capital de ces sociétés à leurs salariés.

«Ces mesures semblent être uniquement destinées à alimenter les fusions et acquisitions dans les secteurs en surcapacité», estime Alicia Garcia Herrero, économiste chez Natixis. Les résultats des SoE chinoises se sont érodés de 2,3% en un an sur les sept premiers mois de l’année, mais de 4,5% pour celles directement gérées par l’Etat. Parallèlement, leur endettement a fortement progressé puisqu’elles détenaient 40% des actifs totaux dans le pays, face à une dette qui représentait 70% de la dette totale des entreprises chinoises sur l’année 2014. Pékin espère que ces réformes permettront d’apporter 0,33 point de croissance supplémentaire cette année, ce qui correspond à la différence entre les prévisions du consensus et l’objectif des autorités.

Après la publication hier des chiffres d’activité décevants en août, Barclays a abaissé ses prévisions de croissance de 0,2 point cette année pour les ramener à 6,6% et de 0,6 point en 2016, à 6%. L’accélération du rythme des dépenses budgétaires à 28,4% en août et de la croissance des investissements en infrastructures à 21% n’a pas réussi à endiguer le ralentissement chinois.

Pékin a également baissé hier des exigences en capital de 5 points à 25% pour les investissements en constructions de routes et de rails, et l’extension du programme de swap de dette des collectivités à 3.200 milliards de yuans. Des rumeurs font également état d’une augmentation du plan de relance budgétaire à 7.000 milliards (3,4% du PIB).

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