«Un ralentissement en Chine aura peu d’impact sur la croissance américaine»

le 14/09/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Christophe Morel, chef économiste de Groupama AM

L’Agefi : La crise chinoise va-t-elle retarder le début de la normalisation monétaire de la Fed ?

Christophe Morel : Un ralentissement de la conjoncture chinoise aurait relativement peu d’impact sur la croissance américaine. Donc ce n’est pas cette raison qui est susceptible de reporter le démarrage. En revanche, deux autres arguments pourraient être éventuellement invoqués : d’abord, le regain de volatilité sur les marchés financiers (singulièrement actions et pétrole) constitue un risque baissier sur la croissance; ensuite, une hausse des Fed funds pourrait accentuer le risque d’instabilité financière dans les pays émergents. Nous considérons que la Fed devrait démarrer dès que possible ce relèvement parce que la situation économique ne justifie plus des conditions monétaires aussi accommodantes, et parce qu’il est désormais urgent de reconstituer des «munitions» en cas de choc adverse. Si elle ne démarre pas, elle prend le risque de signaler qu’elle est market dependant et non data dependant, ce qui entacherait sa crédibilité dans un contexte où les investisseurs se reposent sur la «jauge» des banques centrales.

Quelles sont les marges de manœuvre supplémentaires de la BCE ?

Sauf à ce que le prix du pétrole remonte, la BCE devrait à nouveau réviser à la baisse en décembre ses perspectives sur l’inflation. La «matérialisation» de son risque baissier devrait la conduire à une nouvelle action monétaire. La décision la plus immédiate est d’augmenter l’enveloppe des achats mensuels d’actifs. Elle pourrait également élargir la palette des actifs éligibles au QE, voire annoncer un biais à l’extension du programme au-delà de septembre 2016.

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