«Le potentiel de baisse de l’euro-dollar est limité à 1,06 à horizon 6 mois»

le 14/09/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Nordine Naam, stratégiste chez Natixis

L’Agefi : Que faut-il pour que l’euro reparte à la baisse?

Nordine Naam : Pour que l’euro-dollar reparte à la baisse, il faudrait que la Fed relève ses taux directeurs bien plus que prévu. Or la dégradation de la situation économique en Chine et dans de nombreux pays émergents devrait plutôt inciter la Fed à la prudence dans son cycle de hausse des taux. Côté euro, il faudrait que la BCE se montre encore plus active par exemple en augmentant ses achats d’actifs. Cela renforcerait son statut de devise d’emprunt et alimenterait davantage les sorties de capitaux notamment vers les Etats-Unis, plus attractifs en termes de rendement. Enfin, les incertitudes politiques en Grèce et en Espagne sont aussi susceptibles de pénaliser l’euro. A horizon 6 mois, le potentiel de baisse de l’euro-dollar sera donc limité à 1,06.

Les devises émergentes ont-elles fini de se déprécier?

De nombreuses devises émergentes ont testé des plus bas historiques comme le real brésilien (BRL), le peso mexicain (MXN), le rand sud-africain (ZAR), la livre turque (TRY), le rouble russe (RUB) mais également en Asie, le ringgit malaisien (MYR), et les roupies indienne et indonésienne (INR et IDR). Cependant leur taux de change effectif réel n’a pas corrigé significativement, ce qui suggère qu’il y a encore du potentiel à la baisse pour certaines d’entre elles en cas de persistance du cours des matières premières à des niveaux bas, des risques liés au ralentissement de la croissance chinoise et à la hausse attendue des taux Fed Funds. Les devises des pays où l’inflation et le déficit courant demeurent élevés comme le BRL, la TRY, l’IDR et la MYR sont les plus exposées.

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