La gestion française fait évoluer son mode de lobbying

le 21/05/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Avec Yves Perrier, patron d'Amundi, l'AFG porte à sa présidence un opérationnel, comme cela est déjà le cas à la Fédération bancaire française.

L’élection pour 3 ans d’Yves Perrier à la présidence de l’Association française de gestion financière (AFG), le 19 mai, marque un changement par rapport à son prédécesseur, Paul-Henri de la Porte du Theil, même si les deux hommes sont issus de la matrice du Crédit Agricole. Alors que l’ex-directeur général délégué de CAAM se consacrait à plein temps depuis 2009 à ses fonctions de président de l’AFG, son successeur continuera en parallèle à tenir les rênes d’Amundi, le premier gérant français par les actifs.

«L’idée est d’avoir un président de l’AFG qui soit en exercice dans une société de gestion, ce que permettent les statuts. La Fédération bancaire française fonctionne déjà sur ce mode-là, avec un président patron de banque», décrypte un proche du dossier. Cette évolution «s’inscrit dans un contexte où les gestionnaires d’actifs ont un rôle de plus en plus important à jouer dans le financement de l’économie», poursuit cet observateur. Pour muscler son action, l'AFG a d'ailleurs recruté début 2015 un lobbyiste à Bruxelles, Arthur Carabia.

Ce rôle croissant de l'asset management va de pair avec une surveillance prononcée des régulateurs, qui planchent aujourd’hui sur le rôle systémique et potentiellement déstabilisateur des très grands gestionnaires d’actifs mondiaux. Un sujet délicat pour l’industrie et pour ses lobbyistes. La gestion française a encore bien d’autres défis à relever, comme la concurrence de la place luxembourgeoise et l’impact d’une éventuelle taxe sur les transactions financières européenne.

Yves Perrier ne pouvant se consacrer à 100% à l’AFG, «il est probable que le comité stratégique aura un rôle plus important à jouer à l’avenir», indique un autre bon connaisseur des arcanes de l’association. Ce comité vient d’ailleurs de voir son nombre élargi de 11 à 14 membres, au bénéfice de grands noms de la gestion représentant les sociétés entrepreneuriales. Edouard Carmignac et Didier Le Menestrel (Financière de l’Echiquier), ainsi que Guillaume Dard (Montpensier Finance) rejoignent cette instance, où siègent Yves Perrier et son vice-président Eric Pinon (dirigeant d’Acer Finance).

La composition du comité stratégique apparaît désormais davantage équilibrée entre filiales d’assureurs (Axa IM, Aviva Investors, Groupama AM), de banques (BNP PAM, Natixis AM, LBP AM, Amundi), et sociétés indépendantes (Candriam, Fourpoints IM, Rothschild & Cie Gestion, Acer, et les trois arrivants).

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