La Fed peine à s’accorder sur la santé de l'économie américaine

le 21/05/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dans leur majorité, les membres du FOMC ont considéré qu'il était trop tôt pour relever les taux directeurs dès le mois de juin.

Très attendues, les minutes de la dernière réunion du Comité de politique monétaire (FOMC) diffusées hier soir donnent le sentiment que la Réserve fédérale (Fed) temporise quant à la perspective d’une hausse de ses taux directeurs.

Ses participants ont en effet conclu dans leur majorité qu’il serait prématuré de relever les taux d’intérêt en juin. La plupart d'entre eux «estiment que les informations qui seront disponibles en juin prochain ne suffiront probablement pas à confirmer que les conditions d’augmentation de la fourchette de taux cible des fonds fédéraux seront remplies», indiquent les minutes de la réunion des 28 et 29 avril. Une minorité de membres considéraient en revanche que l’économie serait prête à une hausse des taux dès juin.

A l’occasion des minutes de mars, le comité était davantage divisé entre les partisans d’une hausse dès juin, ceux qui privilégiaient une action en septembre et ceux qui préféraient attendre 2016. Le diagnostic sur la santé de l’économie américaine avait semblé difficile, devant la multiplication de signes contradictoires.

Cela semble toujours le cas et le camp de la prudence paraît avoir gagné quelques partisans. Les dernières minutes confirment que la Fed s’attend à ce que l’économie s’oriente à nouveau vers une croissance «modérée», après avoir calé au premier trimestre (le PIB a progressé de 0,2% en rythme annualisé). Mais elles soulignent aussi des inquiétudes quant à la consommation, qui représente les deux tiers du PIB américain.

Le comité a en effet longuement cherché à identifier les causes purement conjoncturelles du ralentissement du début d’année: un hiver rigoureux, un conflit du travail dans les ports de la côte Ouest et un effet saisonnier de faiblesse des indicateurs économiques ces dernières années. Malgré cela, les participants ont été surpris que les particuliers ne profitent pas davantage de la chute du prix de l’essence. Ils pensent avoir peut-être surestimé la dynamique sous-jacente de la consommation.

Les membres du FOMC ont répété qu’ils n’augmenteraient les taux qu’en cas de signes positifs sur l’emploi et l’inflation. Ils ont même rejeté l’idée de fournir une «indication explicite» au public lorsqu’ils jugeront probable une hausse des taux à court terme.

Wall Street est resté placide à la publication des minutes, qui n'ont pas modifié ses attentes concernant le calendrier de la hausse des taux. L'indice S&P 500 a cédé 0,09%, à 2.125,85 points, tandis que le Nasdaq gagnait +0,03%, à 5.071,74.

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