L'économie européenne confirme l'accélération de son rythme de croissance

le 15/05/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La France et l'Italie sont sorties de la zone rouge au premier trimestre, alors que l'Espagne et le Portugal ont confirmé la reprise de leur activité

La zone euro commence à entrevoir le bout du tunnel. La croissance du PIB a accéléré à un rythme de 0,4% au premier trimestre, contre une moyenne de 0,24% sur les sept trimestres précédents. En rythme annuel, elle atteint désormais 1% et pourrait s’élever à 1,7% cette année, après 0,9% en 2014. «La croissance continuera d’être tirée par des facteurs exogènes tels que la faiblesse durable de l’euro et le policy-mix (faiblesse généralisée des taux d’intérêt et neutralité de la politique budgétaire) et deviendra de plus en plus autonome, grâce à l’amorce d’un nouveau cycle de crédit et la désépargne des ménages», espère Natixis.

Non seulement le PIB espagnol a progressé à un rythme annuel de 2,6%, le plus élevé des quatre grands pays de la zone pour la deuxième fois consécutive, mais la France et l’Italie, qui avaient déçu en 2014, ont créé les bonnes surprises du début d'année. Le PIB français a accéléré à 0,6% avec un acquis de croissance de 0,7%, et l’Italie est sortie de la récession avec une croissance de 0,3%. En outre, la faiblesse de la croissance allemande, à 0,3%, est «liée à la bonne performance des importations, constituant un signe de force de la demande intérieure», selon BNP Paribas qui s’attend à un fort rebond de l’activité au deuxième trimestre.

Mais la zone euro n'est pas sortie de la zone de danger. SG CIB estime que le potentiel de croissance en Espagne reste limité à 1% du fait de facteurs démographiques défavorables, des faibles gains de productivité et du niveau élevé de dette privée. Seul «un nouveau train ambitieux de réformes comprenant la levée des barrières à la création d’entreprise, l’accroissement de la compétitivité et une réforme de l’éducation» permettrait de la relever à un niveau de 2%, ajoute SG CIB. En France, la croissance a bénéficié de la contribution positive des stocks de 0,5 point avec une dégradation du commerce extérieur.

Au Portugal, où des élections législatives se tiendront en fin d’année, la croissance a certes été solide à 0,4% au premier trimestre, mais le PIB reste toujours inférieur de 6% à son niveau d’avant crise. En Grèce, retombée en récession, la baisse cumulée du PIB depuis 2007 atteint désormais 26%. Enfin, si l’inflation globale est revenue à zéro après quatre mois consécutifs en territoire négatif, l’inflation sous-jacente est restée stable à 0,6% en avril et reste encore loin de l'objectif de 2% visé par la BCE.

A lire aussi