Le PDG de BlackRock tacle les fonds activistes

le 15/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Laurence Fink dénonce dans une lettre ouverte la recherche d'une rentabilité immédiate via des rachats d'actions ou des hausses de dividendes.

Le gérant new-yorkais BlackRock veut encourager l'investissement de long terme. Photo Bloomberg.

Voilà un courrier que Vivendi, qui vient d'accorder 6,75 milliards d'euros à ses actionnaires sous la pression d'investisseurs activistes, a reçu trop tard. Le PDG de BlackRock, Laurence Fink, a pris sa plume pour appeler les dirigeants d'entreprises à voir plus loin. Dans une lettre ouverte publiée par le New York Times, le gérant regrette la montée en puissance d'une approche court-termiste, qui se traduit notamment par l'importance accordée aux hausses de dividendes et aux rachats d'actions.

Les sociétés américaines ont dépensé l'an dernier pas moins de 1.000 milliards de dollars dans de telles initiatives. Apple a notamment autorisé un plan de rachats d'actions de 90 milliards de dollars, tandis que GE a fait part la semaine dernière d'un projet similaire à hauteur de 50 milliards de dollars.

Un phénomène dont les fonds activistes sont en partie responsable. «Avec des taux d'intérêt proches de zéro, restituer des volumes excessifs de capitaux aux investisseurs - qui en tireront comparativement de maigres bénéfices dans cet environnement - adresse un message décourageant sur la capacité de la société à utiliser ses ressources judicieusement et à développer un plan cohérent pour créer de la valeur à long terme», écrit Laurence Fink. Vivendi, dont BlackRock détenait 4,93% du capital fin décembre 2014, appréciera.

Mais le courrier de Laurence Fink ne se borne pas à fustiger la complaisance des dirigeants ou l'avidité de certains investisseurs trop gourmands, il avance également une proposition de réforme sur le plan fiscal. Pour encourager l'investissement de long terme, le gérant new-yorkais suggère d'introduire un taux d'imposition dégressif sur les investissements détenus pendant plus de trois ans. La charge fiscale tomberait ainsi théoriquement à zéro après dix ans.

Laurence Fink souligne que que les responsables politiques doivent agir pour stimuler des comportements d'investissement à long terme et que le conseil d'administration est la «première ligne de défense» contre ces pressions court-termistes. Il les met d'ailleurs en garde en annonçant une révision de ses grands principes de vote. Le gérant a donc l'intention de se focaliser sur ces questions tout au long de l'année 2015.

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