Le FMI constate une érosion de la croissance potentielle mondiale

le 15/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Fonds estime que son rythme est tombé à 1,3% en moyenne pour les économies développées entre 2008 et 2014, après 2,25% entre 2001 et 2007.

Le FMI a ajouté sa pierre au débat sur le ralentissement structurel de la croissance potentielle depuis la crise financière. Dans ses dernières perspectives de l'économie mondiale publiées hier, le Fonds a confirmé sa prévision de croissance mondiale pour cette année à 3,5% après 3,4% en 2014, avant une légère accélération à 3,8% l’an prochain. S’il a légèrement réajusté à la hausse ses perspectives de croissance du PIB en zone euro de 0,3 point par rapport aux prévisions de janvier à 1,5% pour 2015 et de 0,2 point à 1,6% l'an prochain, celles des pays développés est, elle, restée inchangée à 2,4% cette année comme l'an prochain. Celle des pays émergents ralentirait même de 4,6% en 2014 à 4,3% cette année, avant de remonter légèrement à 4,7% en 2016.

«Suite à la crise, la croissance potentielle a reculé à la fois dans les pays avancés et dans les économies émergentes», indique le FMI. Elle est tombée à 1,3% en moyenne pour les pays avancés entre 2008 et 2014, après 2,25% entre 2001 et 2007, du fait du ralentissement de la croissance du capital et de facteurs démographiques indépendants de la crise. Sur les cinq prochaines années, elle ne devrait en outre remonter qu’à 1,6%. Dans l’univers émergent, la croissance potentielle s’est érodée de 2 points pour tomber à 6,5% entre 2008 et 2014 du fait du ralentissement de la croissance de la productivité avec l’arrivée à maturité de leur niveau de développement technologique. Elle devrait même continuer à lever le pied à un niveau de 5,2% entre 2015 et 2020.

Dans ce contexte de ralentissement des perspectives d’activité, l'OMC a de nouveau révisé hier à la baisse ses prévisions de croissance des échanges commerciaux internationaux de 0,7 point à 3,3% cette année, avant une légère accélération à 4% en 2016. A 2,8% l’an dernier et à 2,4% sur les trois dernières années, le rythme de croissance a ainsi été bien inférieur à sa moyenne historique de 5,1% enregistrée depuis 1990 du fait de l’atonie de la croissance.

Dans sa dernière étude consacrée aux perspectives du commerce mondial, HSBC indique que la volatilité des taux de change est considérée comme un obstacle à la croissance du commerce par 41% des entreprises interrogées. L’étude estime néanmoins que les échanges internationaux devraient s'accélérer à un rythme annuel de 8% à partir de 2016, grâce notamment à la montée en puissance du poids de l’Inde et de la Chine dans les exportations mondiales.

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