La Norvège donne plus de souplesse à son fonds souverain

le 13/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

NBIM pourrait être autorisé à investir en infrastructures non cotées et à augmenter la poche consacrée à l'immobilier. Un groupe d'experts y travaille.

Norges Bank Investment Management, le fonds souverain qui gère la manne pétrolière de la Norvège, devrait bientôt avoir plus de latitude pour gérer son portefeuille de quelque 6.431 milliards de couronnes (750 milliards d’euros) à fin 2014. La ministre des Finances du pays, Siv Jensen, a présenté le 10 avril un programme de réformes qui devrait permettre au fonds d’investir en infrastructures non cotées et de dévier un peu plus qu’aujourd’hui de son indice de référence, tout en élargissant ses missions environnementales.

Aujourd’hui, NBIM doit détenir environ 60% de son portefeuille en actions, 35% en dette, et le solde en immobilier. Le niveau des taux et la perspective de rendements décroissants lors des années à venir plaident pour une diversification des placements, notamment dans les infrastructures. La banque centrale de Norvège, qui gère le fonds, a déjà passé le message plusieurs fois. Vendredi, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un groupe d’experts sur le sujet, pour voir s’il convient de relever le plafond de 5% fixé à la poche immobilière et de permettre au fonds souverain d’investir en infrastructures non cotées. Une fois rendues ces conclusions, d’ici à novembre, le gouvernement norvégien en tirera les conséquences au printemps 2016 dans un rapport transmis au parlement, qui a le dernier mot sur la question.

Oslo a aussi annoncé d’autres évolutions. La tracking error du fonds, qui mesure l’erreur de réplication par rapport à l’indice de référence, passera de 1% à 1,25%. Cette souplesse accrue s’accompagnera pour NBIM de nouvelles exigences en matière de reporting et de contrôle. Le gouvernement nommera à la banque centrale un directeur adjoint pour superviser les activités de gestion d’actifs, dans le cadre d’une réforme plus large de la gouvernance de la Norges Bank.

Enfin, l’approche d’investisseur socialement responsable du fonds va être renforcée. Le mandat d’investissement dans les actifs liés à l’environnement sera porté entre 30 à 60 milliards de couronnes. Quant aux entreprises dont «la conduite entraîne à un degré inacceptable des émissions de gaz à effet de serre», elles seront désormais exclues du portefeuille.

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