Le marché actions chinois bat tous les indices mondiaux

le 07/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les indices de Shenzhen et du «ChiNext» composés de sociétés privées plus petites se sont envolés de 47% et 71% depuis le début de l'année.

Au premier trimestre, il ne fallait pas rater le train des actions chinoises. Depuis le début de l'année, l’indice composite de Shanghai enregistre une performance de 19,5%, celles de l'indice de Shenzhen et du «ChiNext» atteignant même respectivement 47% et 71%. Si l’indice de Shanghai reste inférieur de 58% à ses plus hauts niveaux enregistrés en octobre 2007, les deux autres indices composés d’actions de plus petites sociétés privées ont non seulement atteint leurs plus hauts niveaux historiques mais constituent désormais la classe d'actifs la plus rémunératrice au monde sur l'année.

Le marché des actions chinoises de classe A est très largement soutenu par les opérations de trading sur marges réalisées par les investisseurs particuliers domestiques qui anticipent notamment de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire de la banque centrale (PBOC). Sur la dernière semaine de mars, les ouvertures de comptes titres ont atteint un record de 1,7 million, soit deux fois plus que la semaine précédente. Le montant d’opérations sur marges transitant par les courtiers chinois a atteint près de 250 milliards de dollars fin mars. Aux Etats-Unis, ce montant est de 465 milliards pour un marché quatre fois plus important.

Dans ce contexte, Bei Xu, économiste chez Natixis met en avant le «rôle important» joué par la régulation du marché. «Dans la mesure où la Bourse chinoise n’est pas encore un marché mature, le changement de régulation visant à limiter des comportements purement spéculatifs exerce un impact négatif qui peut durer sur le marché», précise-t-elle. Or, les signaux récents envoyés par les régulateurs sont favorables. La semaine dernière, trente nouvelles IPO sur les places de Shanghaï et Shenzhen ont été approuvées, après les vingt-quatre autres déjà autorisées en mars et février et vingt en janvier.

Parallèlement, le gouvernement chinois a autorisé la semaine dernière le fonds de retraite public du pays qui détient quelque 1.200 milliards de yuans (170 milliards d’euros) d’actifs sous gestion à investir davantage d’actions d’entreprises d’Etat, mais aussi dans la dette de collectivités locales et dans les «trust funds».

En outre, dans le cadre du «Shanghai-Hong Kong Stock Connect», les deux places ont également trouvé un accord la semaine dernière permettant de supprimer la double taxation jusqu’ici imposée sur les profits réalisés par les détenteurs d’actions cotées à Shanghai.

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