«Une surréaction du dollar serait potentiellement déstabilisatrice pour l’économie américaine»

le 30/03/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Christian Parisot, responsable de la recherche chez Aurel BGC

- L'Agefi : La force du dollar pourrait-elle peser sur l’économie américaine et partant, influencer la politique monétaire ?

- Christian Parisot : Le dollar ne fait pas peur à la banque centrale! La présidente de la Fed a indiqué que les dernières prévisions du FOMC intègrent une contraction des exportations, justifiant en partie la révision à la baisse des projections, mais malgré cela, le marché du travail devrait continuer de s’améliorer. Par contre, l’appréciation du dollar exerce clairement une pression déflationniste supplémentaire pour l’économie américaine. Mais la vraie question est de savoir si la banque centrale américaine peut remonter ses taux directeurs, rémunérer le dollar, alors que la BCE a mis en place un taux de dépôt négatif et réalise son «QE». Les membres du FOMC ont débattu ces derniers mois du risque de surréaction du marché obligataire; en réalité, le risque pourrait être plus sur le dollar. Une surréaction du billet vert serait potentiellement déstabilisatrice pour l’économie américaine, mais aussi les matières premières et certaines économies émergentes…

- Jusqu’où pourrait descendre l’euro face au dollar ?

- Notre espoir est que les récents mouvements du taux de change euro/dollar intègrent une grande partie de la divergence des politiques monétaires de part et d’autre de l’Atlantique. L’ajustement a été rapide et violent. S’il existe encore une incertitude sur le timing de la première hausse des taux directeurs américain, le sens est connu. De son côté, la BCE ne devrait pas changer significativement sa politique monétaire cette année. Ainsi, nous anticipons un taux de change euro/dollar fluctuant entre 1,05 et 1,10 dollar ces prochains mois.

Panel Change. Illustration L'Agefi.
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Panel Change. Illustration L'Agefi.

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