Les Européens s'apprêtent à prolonger les sanctions contre la Russie

le 23/03/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Conseil européen a prévenu que la levée des sanctions était conditionnée au respect des accords de Minsk de février.

Les Européens ont fait un pas en direction de la prolongation des sanctions contre la Russie. Les chefs d’Etat et de gouvernement européens réunis la semaine dernière ont déclaré qu’ils ne les lèveraient pas tant que les accords signés pour ramener la paix en Ukraine ne seraient pas respectés. «Le conseil européen s’est mis d’accord sur le fait que les mesures restrictives adoptées à l’encontre de la Fédération de Russie, le 31 juillet dernier, qui ont été renforcées le 8 septembre 2014, devraient être clairement liées à la mise en œuvre complète des accords de Minsk, gardant à l’esprit que celle-ci est seulement attendue le 31 décembre 2015», affirme le communiqué du Conseil. Et de condamner l’annexion par la Russie de la Crimée et de Sébastopol.

Les accords de Minsk ont été signés en février dernier. Ils prévoyaient outre la mise en œuvre immédiate d’un cessez-le-feu, le retrait des troupes étrangères et la mise en œuvre d’un contrôle de la frontière par le gouvernement Ukrainien dans toute la zone de conflit. Les sanctions adoptées en juillet dernier comportent un embargo sur les ventes d’armes et équipements militaires et empêchent les grandes banques russes d’accéder aux marchés de capitaux européens.

La semaine dernière, le ministre des Finances russe, Anton Siluanov s’est voulu rassurant sur les perspectives économiques du pays qui, en raison des sanctions et de la baisse des prix du pétrole, a failli tomber en récession l’année dernière et a connu sa pire crise monétaire depuis 1998. «Le pic négatif est derrière nous et nous voyons certains signes de stabilisation», a-t-il déclaré.

Au cours de l’année dernière, le rouble a perdu près de 40% face à l’euro. Il s'est apprécié de plus de 10% face à la monnaie unique depuis le début de l'année et traitait 0,0155 euro vendredi dernier. Pour tenter de contrer la crise, la banque centrale russe a augmenté le taux directeur jusqu’à 17% à la fin de l’année dernière, avant de l’abaisser deux fois cette année, jusqu’à 14% à la mi-mars. L’inflation ressortait cependant à 16,7% en février et les ventes au détail ont reculé de 7,7% après s’être déjà repliées de 4,5% le mois dernier. Le ministère des Finances russe s’attend à ce que le PIB se contracte de 3% en 2015. Les ventes au détail devraient reculer de 8,2% et l’investissement de 13,7%. Les salaires réels pourraient se replier de près de 10% et le revenu disponible de plus de 6 %.

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