Les anticipations d'une poursuite de la baisse du yuan s'intensifient

le 10/03/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le cours de la devise chinoise reculait hier contre dollar malgré la publication d'un excédent extérieur record dégagé par la Chine en février.

Les pressions à la baisse sur le yuan s’accentuent. La devise chinoise cotée à Shanghai (CNY) cédait 0,2% hier contre dollar et le cours offshore coté à Hong-Kong (CNH) anticipe une dépréciation supplémentaire de 1,3%, malgré un excédent extérieur record de 60,6 milliards de dollars dégagé le mois dernier par la Chine. Si la croissance des exportations s’est envolée de 48,3% sur un an, les importations ont quant à elles chuté de 20,5%.

Dans le cadre de la révision à la baisse de l’objectif de croissance du PIB chinois de 7% cette année, Pékin table sur une progression du commerce extérieur de 6% sur 2015. Malgré un objectif de 7,5% visé l’an dernier, le rythme effectif n’a été que de 5%.

Après une baisse de 2,5% contre dollar depuis octobre à 6,265, les investisseurs tablent à 45% sur un cours stable à horizon un an, à plus de 30% sur un affaiblissement entre 6,30 et 6,40 (soit 0,6% à 2,2%), selon un sondage mené par SG CIB. Ils sont même 18% à prévoir un taux de change supérieur à 6,40, avec une quasi-disparition des anticipations haussières. «La plupart des investisseurs anticipent que la PBOC utilise un vaste arsenal d’outils tels que l’intervention sur le marché des changes, un fixing quotidien plus élevé et un élargissement de la bande de fluctuation pour faire baisser la devise. Ils tablent néanmoins sur une dépréciation limitée (entre 1% et 4%)», précise SG CIB.

Le cours du CNH traite régulièrement au-dessus de la borne haute du CNY depuis le début de l’année, malgré les interventions de la PBOC visant à le maintenir dans sa bande de fluctuation et à compenser les sorties de capitaux, comme le montre la chute des positions longues de change de 17,4 milliards de dollars en janvier après celle de 19,1 milliards en décembre. En outre, la hausse des dépôts en devises dans le système bancaire, de 45,2 milliards en janvier, «reflète la hausse du degré de pression sur le taux de change ces derniers mois» malgré le maintien d’un fixing relativement stable, indique Barclays.

Hier, les Etats-Unis ont à nouveau exhorté Pékin à poursuivre sa marche vers une devise flexible et à plus de transparence sur sa politique de changes, alors que selon Reuters, le système de paiements internationaux en yuans serait prêt et pourrait être lancé dès septembre. SG CIB estime ainsi que la PBOC devrait privilégier l’intervention sur le marché des changes pour calmer les tensions sur le yuan.

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