«A six mois, une correction des marchés actions est possible»

le 09/03/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Christian Parisot, chef économiste chez Aurel BGC

-L'Agefi : Pourquoi anticipez-vous un recul du CAC 40 dans six mois et une quasi-stabilité à horizon un an ?

-Christian Parisot : D’un point de vue fondamental, nous ne pouvons qu’être perplexes sur la valorisation des marchés actions. Le PER à 12 mois est au-dessus de sa moyenne de long terme. Certes, les indicateurs économiques dans la zone euro s’améliorent, mais il est difficile de s’éloigner d’un scénario de reprise molle. De plus, avec le recul du risque de déflation, ce que semblent anticiper les investisseurs, les taux longs devraient remonter. Mais la «logique de flux», avec les injections de liquidités de la BCE, et une repondération de la zone euro dans les portefeuilles internationaux, militent pour des taux longs durablement bas et une valorisation de la bourse très au-dessus des «normes historiques». Toutefois, à six mois une correction des marchés actions européens et américains est possible, malgré l’abondance de liquidités, notamment avec une première hausse des taux directeurs américains.

-Qu'est-ce qui peut amener à cette correction ?

-Les banques centrales injectent des liquidités sur les marchés mais celles-ci peuvent s’investir sur différents actifs. Il est de plus en plus probable que la Fed remontera ses taux directeurs dans les prochains mois et qu’elle mettra en œuvre des instruments de stérilisation des liquidités excédentaires. Les investisseurs pourront bénéficier d’une rémunération sans risque plus élevée. Une grande partie des liquidités excédentaires pourrait donc s’investir en dollar plutôt que de rester sur des obligations à rendements négatifs en euro. Le dollar pourrait alors s’apprécier encore sensiblement, ce qui fragiliserait la bourse américaine.

Panel Actions. Illustration L'Agefi.
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Panel Actions. Illustration L'Agefi.

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