La BoJ tente de calmer les tensions sur les taux japonais

le 23/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le rendement japonais est repassé en territoire positif sur la partie 2 ans et a même dépassé pour la première fois le taux allemand sur le 10 ans.

Les taux japonais sont sous tension relative. Après avoir passé plus de deux mois en territoire négatif, le rendement des emprunts d'Etat (JGB) à 2 ans reste positif depuis le début du mois. Le taux 10 ans s’est tendu, lui, de 18 pb en un mois, et a presque doublé pour remonter à 0,37%. Il est ainsi passé pour la première fois au-dessus du rendement du Bund allemand, qui bénéficie de l’annonce du QE de la BCE. Le spread à 2 ans contre le Schatz a continué de baisser de 7 pb pour tomber à -25 pb. La hausse a néanmoins été moins forte qu'aux Etats-Unis, le spread contre Treasuries s’écartant de 12 pb sur la partie 2 ans.

«Les taux japonais ont augmenté rapidement. Les investisseurs institutionnels nippons, craignant des risques résiduels après le choc provoqué par la Banque de Suisse mi-janvier, ont réduit les investissements en JGB», indique Citigroup. Le montant des transactions brutes de JGB a reculé à 145.000 milliards de yens en janvier, au plus bas depuis un an, après 184.000 milliards en décembre. «Après la hausse des rachats d’actifs de la BoJ en octobre, la volatilité du marché constatée récemment pourrait perdurer compte tenu du fait que la BoJ est en train de siphonner la liquidité du marché», précise CA CIB.

Après s’être montré hésitant, le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, a réaffirmé la semaine dernière à l’issue de la réunion mensuelle de l’autorité qu’elle se tient prête à assouplir davantage la politique monétaire si nécessaire. Un engagement qui a permis de faire revenir l’indice de volatilité «JPX JGB Futures» à 3,35% en fin de semaine dernière. Il avait dépassé le seuil des 4% en début de mois pour la première fois de mi-2013. Si le yen a regagné plus de 10% contre euro et 2,5% face au dollar depuis son point bas de début décembre dernier, il s’est néanmoins stabilisé depuis début février.

«Les investisseurs institutionnels tels que les compagnies d’assurance ou les banques devraient envisager de revenir vers les obligations domestiques lorsque les rendements auront retrouvé le niveau précédant le lancement du QE2 de la BoJ (0,45% sur le 10 ans). Même s’ils ne peuvent satisfaire leurs exigences de rendement, ils reviendront à la réalité vu la faiblesse des taux américains et européens», estime Citigroup qui anticipe une hausse du yen. CA CIB ajoute que les investisseurs pourraient se porter vers les maturités plus longues pour trouver du rendement.

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