Le dialogue de sourds se poursuit entre Athènes et Bruxelles

le 17/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’Eurogroupe se réunira à nouveau vendredi si la Grèce demande une prolongation du plan d’aide.

Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem © Jock Fistick

Alors que les tensions étaient perceptibles avant même le début de la réunion, les discussions entre les ministres des Finances de la zone euro ont tourné court hier, faute d’entente avec la Grèce sur son programme d’aide qui expire le 28 février. «Le sentiment général de l'Eurogroupe reste que la meilleure façon de procéder pour les autorités grecques est de solliciter une prolongation du programme», a déclaré hier soir en conférence de presse le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.

Le dirigeant a souligné que l'Eurogroupe pourrait accepter une requête de prolongation cette semaine, avec une nouvelle réunion qui pourrait se tenir vendredi, mais pas plus tard. «Cela nous permettrait de travailler à de futurs arrangements... et aux Grecs d'utiliser la forme normale de souplesse d'un programme, de changer des mesures et de mettre d'autres mesures en place», a ajouté Jeroen Dijsselbloem en suggérant une possibilité d’aménager ultérieurement la dette grecque.

Athènes a de son côté jugé «déraisonnable» et «inacceptable» le projet de texte qui lui a été soumis hier, centré sur une prolongation de six mois du programme d’aide actuel. Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis affirmé que le président de l'Eurogroupe avait refusé de discuter d'une proposition soumise par la Commission européenne, sous l’impulsion du commissaire aux Affaires économiques Pierre Moscovici. Celle-ci offrait un répit de quatre mois à la Grèce en échange de la suspension de certaines nouvelles dispositions budgétaires. Un haut fonctionnaire de l'exécutif européen a indiqué que Pierre Moscovici avait certes «apporté des idées» lors des discussions mais que seule la proposition de l'Eurogroupe avait fait l'objet d'une négociation.

«Je ne doute pas que dans les prochaines 48 heures, l'Europe se rassemble et que nous trouvions la formulation adéquate de façon que nous puissions la soumettre et aller de l'avant pour entreprendre le véritable travail qui s'impose», a conclu le ministre grec des Finances en tentant de minimiser l’échec des discussions. Les positions semblent cependant loin de converger. Juste avant le début de l’Eurogroupe, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble avait déclaré que la Grèce avait longtemps vécu au-dessus de ses moyens et que l'Europe ne voulait plus lui donner davantage d'argent sans que le pays garantisse de mettre en ordre ses finances publiques.

Sans attendre la fin de la réunion, l’indice-phare de la Bourse d’Athènes (ASE), qui avait progressé de 11% la semaine dernière, a terminé la séance en baisse de 3,8%, le secteur bancaire chutant de plus de 10%. L’euro perdait de son côté 0,6% contre dollar et 1% contre yen dans la soirée. «Les marchés avaient anticipé l’absence d’un accord lundi, mais la tonalité ferme des propos échangés suggère une confrontation plus importante que prévu entre les deux parties», commente Athanasios Vamvakidis, responsable de la stratégie de changes chez BoA-Merrill Lynch.

Un sondage publié hier par l'institut MARC indique que 68% des Grecs souhaitent que leur gouvernement négocie un compromis «honnête» avec ses partenaires de la zone euro, alors que près de 30% veulent qu'il reste ferme même si cela doit signifier un abandon de l'euro et un retour à la drachme. En outre, 80% des sondés pensent que la position du gouvernement à la table des négociations est «positive» et 55% pensent que le nouveau gouvernement dépasse leurs attentes initiales.

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