Christophe de Backer quitte Edmond de Rothschild

le 14/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'ancien responsable de HSBC France était arrivé en 2012. Ariane de Rothschild va prendre la présidence du comité exécutif fin janvier.

En septembre dernier, sur fond de modification du plan stratégique pour 2016 et de départs de plusieurs cadres, Christophe de Backer réfutait toute déstabilisation chez Edmond de Rothschild. Quatre mois plus tard, force est de constater que Christophe de Backer n'était plus l'homme de la situation à la tête du groupe de gestion d'actifs et de banque privée. L'ancien responsable de HSBC France, arrivé début 2012 pour prendre la relève de Michel Cicurel, quittera le groupe le 31 janvier prochain, laissant le champ libre à une reprise en main familiale.

Il s'effacera au profit d'Ariane de Rothschild, jusqu'ici vice-présidente du groupe, avec laquelle il était associé depuis trois ans. L'épouse de Benjamin de Rothschild, président du groupe depuis 1997, prendra la présidence du comité exécutif. Ariane de Rothschild «(...) dispose de toutes les qualités personnelles et professionnelles pour initier les changements encore requis pour faire de notre groupe une entreprise plus moderne, dynamique et performante, dans la continuité de la tradition familiale», a commenté dans un communiqué Benjamin de Rothschild. Ariane de Rothschild sera épaulée par un comité stratégique issu du conseil d'administration.

Benjamin de Rothschild a salué la contribution de Christophe de Backer à la transformation du groupe qui s'est traduite par des «décisions difficiles» et a débouché sur des «progrès sensibles». Dès son arrivée, Christophe de Backer avait restructuré l'activité de gestion d'actifs à Paris avec 66 suppressions de postes à la clé puis s'était efforcé de s'attaquer à la banque privée. Benjamin de Rothschild a toutefois jugé nécessaire un «nouvel élan» pour achever la mutation de l'établissement. Selon le quotidien suisse Le Temps, l'adoption d'«une stratégie adaptée davantage à une grande banque internationale qu'à un groupe familial» passait mal.

L'environnement de marché a également pesé sur les performances du groupe, ajournant l'objectif fixé en 2012 de 158 milliards d'euros d'encours hors effet marché d'ici 2016 (soit une collecte de 33 milliards d'euros). Auprès du Figaro, Benjamin de Rothschild a également évoqué la fin du secret bancaire helvétique. «Le changement de régulation a été très brusque, nous devons réinventer notre modèle, revoir notre stratégie», a-t-il déclaré tout en soulignant l'attrait de la marque Rothschild.

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