La dynamique de l'emploi américain reste sans effet sur les salaires

le 12/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le rythme mensuel de créations d'emplois se situe à son plus haut niveau depuis juin 2000, avec un taux de chômage à 5,6%.

Le marché de l’emploi américain a terminé l’année 2014 en apothéose. L’économie américaine a créé 252.000 emplois non agricoles au mois de décembre, après un chiffre révisé en hausse à 353.000 en novembre, soit un rythme mensuel sur les douze derniers mois au plus haut depuis juin 2000. Sur l’ensemble de l’année 2014, près de 3 millions d’emplois ont ainsi été créés au total, après 2,3 millions en 2013, le niveau le plus élevé depuis 1999.

Le cabinet Challenger, Gray & Christmas estime que le nombre de licenciements aux Etats-Unis est revenu au plus bas de 1997, alors que les inscriptions hebdomadaires au chômage restent inférieures au seuil symbolique des 300.000, avec une moyenne sur les quatre dernières semaines de 290.000.

Le taux de chômage a chuté de 0,2 point pour revenir à moins de 5,6%, soit 0,2 point de moins que celui qui était anticipé par les membres du FOMC pour la fin d’année 2014. Si cette baisse est partiellement due à celle du taux de participation à 62,7%, «compte tenu des dernières prévisions du FOMC d’un taux de chômage de 5,8% à fin 2014 et d’une croissance à 2,3% au quatrième trimestre, l’économie commence 2015 sur un meilleur pied que prévu avec une croissance plus proche des 2,6% et un taux de chômage inférieur de 0,2 point», rappelle BNP Paribas. Citigroup estime que si la croissance atteint 2,5% à 3% en 2015, le taux de chômage pourrait chuter d’un point sur l’année pour tomber à 4,6%, alors que la Fed le voit entre 5,2% et 5,3% fin 2015.

«Un taux de 5,6% se rapproche dangereusement du niveau de plein emploi que le FOMC ne souhaite pas rencontrer avec des taux à zéro, mais les investisseurs ne semblent pas partager cet avis», estime Citigroup. Les salaires ont reculé de 0,2% en décembre avec une révision à la baisse de la croissance de novembre à 0,2%, ramenant ainsi leur rythme de croissance sur un an à un plus bas depuis 2012 de 1,7%, après 1,9% le mois précèdent et 2,1% au mois d’août.

Si les dernières minutes de la Fed ont révélé que le FOMC estime que ces chiffres offrent «relativement peu d’information sur le degré de sous-utilisation du travail», le ralentissement de la croissance des salaires «devrait se répercuter sur les perspectives d’inflation», selon CA CIB. Or, l’inflation globale pourrait tomber en territoire négatif au premier semestre sous l’effet de la baisse des prix du pétrole, avant de remonter au-dessus des 2% en fin d’année, selon BNP Paribas.

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