La Banque de Suède évalue ses options de politique non conventionnelle

le 09/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque centrale suédoise envisage une baisse de ses taux de dépôt en territoire négatif et des interventions sur le marché des changes

La banque centrale suédoise (Riksbank) renforce son discours accommodant. Les minutes de sa dernière réunion du 15 décembre dernier montrent que, malgré l'espoir d’une reprise progressive de l’activité, la baisse des anticipations d’inflation sous l’objectif de 2% visé l’a conduite à repousser le début de son processus de normalisation monétaire au second semestre 2016.

Dans ce contexte, la Riksbank, qui avait déjà abaissé son taux directeur à zéro en octobre dernier, envisage désormais de repousser une nouvelle fois sa première hausse de taux et ajoute qu’elle prépare d’autres mesures non conventionnelles qui, si elles s’avéraient nécessaires, pourraient même être présentées dès sa prochaine réunion avec un effet immédiat. Celles-ci sont de deux ordres: une baisse des taux de dépôt en territoire négatif et des interventions sur le marché des changes.

Dans un contexte désinflationniste en Europe de forte baisse des prix du pétrole, l’inflation en Suède est tombée à 0,2% en novembre. En outre, à l’instar des pays de la zone euro, le point mort des obligations indexées suédoises à 10 ans a chuté de 67 pb depuis le début du mois d’octobre dernier pour tomber à 0,98% hier, passant ainsi sous le seuil symbolique de 1% pour la première fois depuis le mois de janvier 2009. Or, «un nouvel assouplissement monétaire de la BCE cumulé avec la montée des pressions désinflationnistes devrait mettre une pression à la hausse sur la couronne suédoise (SEK) et ainsi entraîner un risque à la baisse sur les projections d’inflation de la Riksbank», alerte Barclays.

Depuis un an, l’écart entre le rendement à 2 ans des obligations suédoises et celui du Schatz allemand s’est écarté de 75 pb, avec une dépréciation de la devise contre euro de 6,5%. La couronne a gagné 1,5% contre la monnaie unique depuis vendredi dernier, après les déclarations de Mario Draghi renforçant les anticipations d’une annonce de rachats d’obligations souveraines par la BCE dès le 22 janvier. La SEK a parallèlement continué de se déprécier de 1,8% en une semaine contre dollar et de 25% sur un an, sous l’impulsion d’une compression des spreads 2 ans de 130 pb.

«La SEK devrait rester vulnérable face au dollar mais probablement pas face à l’euro à moins que la Riksbank ne s’embarque dans une politique de type QE», estime BNP Paribas.

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