Le régulateur américain s’inquiète du succès des produits «smart bêta»

le 08/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ces ETP d’un genre particulier font pour la première fois partie des préoccupations de la Finra pour l’année 2015.

Si les ETF paraissent moins risqués que des fonds actions classiques, il n’en va pas de même pour les fonds smart bêta. Crédit Fotolia.

Dans l’édition 2015 de son document annuel détaillant ses priorités pour l’année en cours publié mardi soir, la Finra, qui régule le secteur financier américain, indique qu’elle s’intéressera notamment aux pratiques commerciales de produits financiers. Parmi eux figurent en bonne place les fonds «smart bêta», dont le succès croissant auprès des investisseurs particuliers américains inquiète la Finra, qui les a placé sur sa liste pour la première fois.

Ces fonds font partie de la famille des produits indiciels cotés (exchange-traded products, ou ETP) mais sont d’un type particulier: le smart bêta ne reproduit pas un indice composé de titres pondérés en fonction de leur capitalisation boursière; il lui préfère des indices plus inhabituels, créés à partir d’autres critères, comme les faibles PER, les taux de distribution, ou encore la volatilité basse. L’objectif est de battre la performance du marché. «Au sein du marché des ETP, l’utilisation d’indices basés sur des pondérations alternatives a fortement augmenté, tant en nombre de produits que de montants d’actifs sous gestion», remarque la Finra.

Or, si les ETP – en particulier sous leur forme d’ETF, c’est-à-dire exchange-traded funds – paraissent moins risqués que des fonds actions classiques, il n’en est pas de même pour les fonds smart bêta. «Pour des investisseurs individuels, les produits qui répliquent ces indices peuvent être compliqués ou inhabituels. En outre, de tels ETP sont parfois peu liquides et présentent des écarts de prix à l’achat et à la vente importants: ces caractéristiques rendent la négociation de ces fonds plus coûteuse, en plus de leurs frais de gestion en général supérieurs. Certains indices alternatifs présentent une rotation plus importante que celle des indices traditionnels, ce qui entraîne des coûts de transaction supplémentaires pour les ETP qui les suivent», précise la Finra.

Le régulateur s’interroge notamment sur la façon dont les aléas boursiers peuvent affecter les indices qui déterminent la performance de ces fonds. «Si des chiffres constatés et certaines études universitaires soulignent l’intérêt et l’efficacité des indices alternatifs, nul ne sait quelle sera la réaction de ces indices et des produits qui les répliquent dans des environnements de marchés différents», s’interroge le régulateur.

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