Le marché primaire du crédit attend toujours son redémarrage

le 06/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La dernière émission réalisée sur le marché de la dette en euro remonte au 11 décembre dernier. La BCE devrait soutenir le marché cette année

Les émissions d’obligations corporates en euro peuvent-elles être aussi dynamiques que celles de 2014 dans un contexte incertain? Depuis le milieu du mois de décembre, le marché primaire de la dette d’entreprises s’est tari, la dernière émission en euro réalisée par Auris Luxembourg pour 275 millions d’euros d’obligations high yield (HY) datant du 11 décembre dernier.

«Si le marché primaire est resté calme jusqu’à présent après la période des fêtes, c’est seulement une question de temps avant qu’il ne redémarre», estime SG CIB qui table sur une légère contraction des émissions totales en euro de 7% cette année.

Elles reviendraient ainsi sur leurs niveaux de 2013 à 190 milliards d’euros pour les obligations investment grade (IG), après 218 milliards l’an dernier, avec même une légère hausse sur le high yield à 80 milliards, et sur la dette hybride à 30 milliards. «L’année 2015 s’annonce encore davantage comme une année de recherche de rendement, malgré des perspectives macroéconomiques moroses qui font planer le risque d’un accroissement des taux de défaut pour 2015», estime SG CIB, qui ajoute néanmoins que ces risques seront «largement compensés par les mesures volontaristes d’assouplissement monétaire prises par la BCE».

Après le défaut de Phones4U début septembre, les investisseurs craignent une nouvelle vague de défaut d’entreprises high yield en Europe. Si «les niveaux de valorisation actuels sur le marché HY ne sont pas préoccupants», Natixis prévoit «une forte hausse du taux de défaut HY à 3,2% fin 2015 (contre 2,3% à fin octobre), en raison notamment de l’essoufflement du marché primaire, d’une croissance économique ralentie et d’un accroissement de la volatilité sur les marchés». Le high yield a dégagé un rendement total de 5,7% sur 2014 nettement inférieur à celui de 7,8% fourni par le segment IG.

L’une des tendances qui s’est également dessinée récemment est la divergence croissante entre les spreads de crédit euro et dollar, les premiers terminant l’année 2014 à leurs niveaux les plus resserrés de l’année, et les seconds à leur niveaux les plus élevés. La différence entre les indices IG européen et américain a ainsi atteint 55 pb fin décembre, alors qu’elle a été en moyenne de 15 pb sur les neuf premiers mois de l’année. Elle pourrait même atteindre 100 pb cette année et se rapprocher ainsi de son plus haut historique de 120 pb atteint en 2008, selon SG CIB.

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