L'opération de communication de la BCE tire l'euro vers ses plus bas

le 06/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A la suite des entretiens accordés par Mario Draghi et Peter Praet à la presse allemande, l'euro est tombé au plus bas depuis février 2006 contre dollar.

Le recul du prix du pétrole va de pair avec celui de l'euro contre dollar. Illustration L'Agefi.

L’opération séduction lancée par Mario Draghi et Peter Praet auprès de l’opinion publique allemande semble au moins avoir produit un effet sur le niveau de l’euro. Avec la baisse du prix du Brent à près de 53 dollars le baril, la monnaie unique s’est dépréciée de 2,5% contre dollar depuis Noël pour tomber hier à 1,186, son plus faible niveau depuis février 2006. L’euro a également chuté de 2,5% contre yen depuis Noël et de 4% sur le mois écoulé.

«Le renforcement des attentes du lancement d’un programme de rachats de dettes souveraines par la BCE le 22 janvier, et l’accroissement des tensions politiques avant l’élection en Grèce le 25 janvier devraient maintenir une pression baissière sur l’euro», estime BNP Paribas.

Les positions spéculatives vendeuses sur l'euro sont revenues à 147.000 contrats fin décembre, après être tombées à 126.000 et se maintiennent ainsi à leur niveau moyen depuis septembre historiquement élevé. Des rachats sont possibles si la BCE opte pour un statu quo en janvier, mais le rebond de l’euro devrait être temporaire, Mario Draghi devant «continuer à entretenir les anticipations d’un QE élargi en mars et les craintes sur la Grèce étant amenées à persister jusqu’en mars», selon Natixis. La banque table sur une chute du taux de change euro-dollar à 1,12 d’ici à fin juin.

La semaine dernière a été marquée par deux entretiens majeurs accordés à la presse allemande par Mario Draghi et par l’économiste en chef de la BCE qui ont tous deux répondus aux critiques adressées outre-Rhin sur la politique de l’autorité. Le message est clair: «le risque de rater le mandat sur l’inflation est plus important qu’il y a six mois, et surpasse tous les autres en termes de priorité», explique Frédérik Ducrozet, économiste chez CA CIB qui table sur «une forme de pré-annonce d’un programme d’achats élargis le 22 janvier, avec des détails opérationnels à préciser».

Peter Praet a évoqué la possibilité de rachats d’obligations d’Etat sans participation aux pertes en cas de défaut. Cette solution permettrait de s’assurer d’un consensus plus large au sein des membres de la BCE, mais aurait «un effet préjudiciable sur l’efficacité du programme», estime BNP Paribas.

Peter Praet n’exclut en outre pas des rachats des seules obligations notées «AAA» mais pour des montants «nettement plus importants», alors que la BCE a déjà précisé qu’elle ne rachètera pas d’obligations de pays «mal notés» qui ne sont pas sous programme de la Troïka.

Le recul du prix du pétrole va de pair avec celui de l'euro contre dollar. Illustration L'Agefi.
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Le recul du prix du pétrole va de pair avec celui de l'euro contre dollar. Illustration L'Agefi.

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