La gestion passive américaine sort gagnante de 2014

le 06/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Vanguard et BlackRock ont enregistré des records de collecte. Pimco et Fidelity ont pâti du désintérêt des investisseurs pour la gestion active.

La gestion passive américaine a collecté plus de 385 milliards de dollars sur douze mois glissants. Crédit Fotolia.

Si les temps sont durs pour la gestion active, l’année 2014 s’annonce être un très bon millésime pour la gestion passive américaine. Vanguard, le spécialiste des produits de réplication d’indices, a ainsi annoncé une collecte record de 216 milliards de dollars. Même son de cloche chez BlackRock, qui a indiqué ce lundi avoir enregistré 102,8 milliards de dollars de souscriptions l’an dernier dans ses ETF, dont un record de 82,8 milliards sur ses fonds iShares.

Cette tendance, observable depuis plusieurs mois, s’est accélérée en fin d’année dernière. Dans un contexte de taux d’intérêts très bas qui ont gonflé la valorisation de la plupart des classes d’actifs, les gérants proposant un style de gestion dynamique ont de plus en plus de difficulté à dépasser la performance de leur indice de référence. A la fin décembre, environ 74% des fonds «actifs» américains affichaient une sous-performance, selon le fournisseur de données Morningstar.

Ces piètres performances ont conduit nombre d’investisseurs, notamment institutionnels, à revoir leur politique de placement. Selon une étude réalisée par State Street, plus de la moitié des fonds de pension (53%) projettent ainsi d'avoir davantage recours aux stratégies d'investissement passives, jugées plus efficientes en termes de coût. Les frais de gestion moyens y sont en effet inférieurs de moitié à ceux pratiqués par la gestion active, selon Morningstar.

Les dernières données pour l’ensemble du marché américain, arrêtées par Morningstar à fin novembre, sont éloquentes. La gestion passive américaine a, sur douze mois glissants, collecté plus de 385 milliards de dollars, quand la gestion active a affiché une collecte de seulement 67,6 milliards. Sur le compartiment actions, la gestion passive a notamment collecté 156 milliards de dollars, contre 92 milliards de décollecte pour la gestion passive.

Parmi les grands perdants de l’année 2014 figure ainsi le fonds de performance absolue Total Return de Pimco, qui a affiché 105 milliards de dollars de décollecte. Si le départ en septembre de son gérant star Bill Gross a aggravé les sorties de capitaux, le fonds avait déjà affiché 41,1 milliards de dollars de décollecte en 2013, quand il avait enregistré une performance négative de 1,9%. Sur les onze premiers mois de 2014, la décollecte sur les fonds «actifs» de Fidelity a elle atteint 24,7 milliards de dollars.

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