La demande de dette souveraine excède largement l'offre

le 06/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le déséquilibre pourrait atteindre 600 milliards de dollars cette année dans les quatre grandes zone monétaires, estime JPMorgan.

Les emprunts d’Etat s’arrachent. Malgré l’endettement croissant de bon nombre d’émetteurs souverains, la demande pour la dette publique devrait encore largement excéder l’offre de nouveaux papiers en 2015 dans les principales zones monétaires (dollar, euro, yen, sterling). L’écart pourrait approcher 600 milliards de dollars, selon les estimations de JPMorgan, au-dessus des 485 milliards estimés pour 2014 par la banque américaine. De quoi garantir le maintien des taux longs à des niveaux très bas, alors que 2014 aura vu un rétrécissement d’une ampleur relative exceptionnelle, comme en témoigne la quasi-division par quatre du taux à 10 ans allemand, passé de 1,93% à 0,5% en l’espace d’un an.

Les politiques accommodantes des banques centrales contribuent à ce déséquilibre entre offre et demande, malgré la fin de l’accroissement du bilan de la Fed. La BCE devrait prendre le relais en annonçant cette année un assouplissement quantitatif (QE) souverain, selon la plupart des économistes et les anticipations de marché. «Nous nous attendons à ce que la BCE et la Banque du Japon achètent 1.300 milliards de dollars d’obligations cette année, à comparer aux 1.000 milliards acquis l’an dernier par la Fed et la BoJ», souligne Nikolaos Panigirtzoglou, chez JPMorgan.

Plusieurs autres facteurs détermineront l’offre et la demande d’emprunts d’Etat dans le monde. Les banques européennes ont été de grosses acheteuses de dette souveraine l’an dernier, notamment pour doter les coussins d’actifs très liquides qui leur sont imposés dans le cadre des nouvelles réglementations Bâle 3. Le mouvement devrait se poursuivre, selon JPMorgan.

La réallocation des actifs du GPIF, le fonds de pension public japonais, devrait en théorie peser sur la demande. Le premier fonds de pension du monde doit ramener de 50% à 35% (mais avec une limite haute à 45%) la part de son portefeuille investie en obligations domestiques. Cela pourrait l’amener à en céder 700 à 800 milliards de yens (5,8 à 6,7 milliards de dollars) chaque trimestre. Mais les assureurs et les fonds de pension américains devraient prendre la relève, estime JPMorgan, comme ils ont commencé à le faire en 2014. «Plus les prix des actions monteront, plus ces institutionnels seront sous pression pour acheter des obligations afin de maintenir leur allocation», note Nikolaos Panigirtzoglou.

A lire aussi