L'Agence France Locale devrait réaliser sa première émission en février

le 05/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'obtention d'un agrément d'établissement de crédit permet à l'agence de financement des collectivités françaises de lancer son activité.

Un an après sa création, l’Agence France Locale qui veut permettre à ses membres, collectivités locales françaises de toutes tailles, d’optimiser et diversifier leur financement, a obtenu son sésame. L’Autorité de contrôle prudentiel et de Résolution (ACPR) a accordé fin décembre à l’Agence le statut d’établissement de crédit spécialisé. «Le fait d’avoir été capables en un an, en partant de rien, de l’obtenir est quelque chose d’assez incroyable», se félicite Yves Millardet, président du directoire de l’Agence, pour lequel «les collectivités locales jouent dans la cour des grands». L’institution espérait recevoir son agrément un peu plus tôt mais a dû attendre que les autorités de concurrence européennes reconnaissent qu’elle ne bénéficie pas d’une aide d’Etat. Celui-ci n’apporte de fait aucune garantie.

Accompagnée par HSBC, Natixis et JPMorgan, l’agence ambitionne de réaliser sa première émission dans le courant du mois de février et de lever un montant «benchmark». D’au moins 500 millions d’euros, il pourrait aller jusqu’à 1 milliard. «Nous souhaitons que la marge de notre émission inaugurale nous permette le plus vite possible d’être ancrés au sein des émetteurs publics français autres que l’Etat», explique Yves Millardet.

La marge d’émission dépendra notamment de la note accordée à l’établissement qui veut proposer ses services en ligne pour maîtriser ses coûts. L'agence n’a pas encore choisi si elle solliciterait la notation d’une ou de deux agences. «Le fait que la situation générale du secteur public français soit sous pression aux yeux des agences n’est évidemment pas idéal pour notre démarrage mais la confiance des investisseurs dans notre modèle devrait être forte», assure Yves Millardet. En décembre, S&P a abaissé la note de huit départements confrontés à la baisse des dotations et à la hausse des dépenses sociales.

«Plus le secteur public local se rapproche de la zone de notation Simple A, plus l’intérêt de se grouper dans une structure extrêmement sécurisée à l’émission est fort», argue encore le président du directoire. Fin 2014, 100 collectivités avaient décidé de rejoindre l’agence pour lui apporter un capital appelable de 110 millions d’euros. L’agence va réaliser des augmentations de capital régulières cette année - la première est prévue fin janvier - pour tenter d'obtenir des engagements de versement de 200 millions d’euros à la fin 2015.

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