La dette bon marché en euros attire de plus en plus les groupes américains

le 31/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dans la foulée d'Apple ou de Verizon, plusieurs émetteurs américains ont profité de conditions de marché plus favorables pour se financer en Europe.

Cela pourrait être l’une des grandes tendances 2015 du marché obligataire pour les entreprises non financières. De plus en plus de groupes américains traversent l’Atlantique pour venir se financer en euro. Quelques grands noms comme Apple, Verizon ou Merck ont enclenché le mouvement en 2014, suivis par quelques émetteurs de plus petite taille à l'image d'Albermarle ou de Belden.

Selon les statistiques de Bloomberg, les entreprises non financières américaines ont placé pour 68 milliards d’euros d’obligations en 2014, 45% de plus qu’en 2013. Le montant n’avait jamais été aussi élevé depuis 2007.

Ces entreprises investment grade profitent d’un environnement de marché plus favorable de ce côté de l'Atlantique. Selon les indicateurs de BofA Merrill Lynch, le rendement moyen des obligations corporate investment grade est tombé à un plus bas record de 1,1487% courant 2014 en Europe, après avoir débuté l’année à 2,08%. Le spread par rapport aux rendements souverains s’est comprimé jusqu’à 91 points de base. En émettant en dollars, un corporate américain paierait un rendement moyen de 3,27% avec une prime de 143 points de base sur les bons du Trésor américains. Autre avantage: le marché en euro commence à accepter des maturités de plus en plus longues pour des émetteurs non européens. Merck a par exemple émis à 12 ans et à 20 ans en octobre.

Si Apple, Verizon ou Merck peuvent faire figure de cas spéciaux en raison de leur taille et de leur réputation auprès des investisseurs, l’exemple Albermarle est emblématique de ce mouvement transatlantique. Le groupe de chimie a levé ses premières obligations en euro début décembre, pour un montant de 700 millions, et a déjà annoncé son intention de revenir sur le marché en 2015. Selon son directeur financier, Scott Tozier, le coupon obtenu de 1,875% est deux fois inférieur à ce que le groupe aurait eu à payer en émettant en dollars.

Cet écart de rendement favorable en Europe a de grandes chances de s’écarter encore un peu plus en 2015, avec l’intervention espérée de la Banque centrale européenne sur le marché obligataire souverain, voire corporate, et la remontée des taux annoncée de la Réserve fédérale américaine.

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