La Grèce risque de nouvelles turbulences

le 30/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le rendement des titres d'Etat grecs à 10 ans s'est tendu de plus de 100 points de base.

La Grèce plonge dans une nouvelle crise politique. Devant le parlement grec à Athènes. Photo European Union EP

La Grèce plonge dans une nouvelle crise politique. Le gouvernement de coalition, emmené par Antonis Samaras, a échoué à faire élire par le parlement son candidat à la présidentielle hier. Cet échec l’oblige à démissionner et à organiser des élections législatives le mois prochain. La nouvelle a été mal accueillie par les marchés alors qu’une victoire du parti d’extrême-gauche Syriza aux élections fait redouter une renégociation du programme d’aide obtenu par la Grèce auprès de l’Union européenne et du Fonds monétaire international.

Le parlement grec était amené hier à voter pour la troisième fois pour élire un président. Alors que le candidat du gouvernement de coalition, Stavros Dimas, devait obtenir l’appui d’au moins 180 députés pour devenir président, seuls 168 d’entre eux ont voté pour lui. Le premier ministre, Antonis Samaras, doit rencontrer aujourd’hui, le président, Karolos Papoulias, pour proposer d’organiser des élections anticipées de près de 18 mois, le 25 janvier prochain.

«Si les gens le veulent, dans quelques jours, les plans de sauvetage conditionnés à l’austérité feront partie du passé», a déclaré à l’issue du vote, Alexis Tsipras, le leader du parti d’extrême-gauche qui pourrait arriver en tête des prochaines élections à en croire les sondages. S’il ne propose pas une sortie de la zone euro, l’homme politique a évoqué une renégociation des termes du plan de sauvetage de la Grèce. Le soutien apporté par le fonds européen de sauvetage (FESF) devait arriver à son terme cette année mais le programme a été prolongé de deux mois, faute d'accord sur l'ensemble des réformes à mettre en œuvre.

Les marchés ont mal réagi à l’annonce de l’organisation d’élections législatives anticipées. Hier, le taux des titres d’Etat à 10 ans de la Grèce se tendait de 103 points de base à 9,2%. Ceux des autres pays dits périphériques tels que l’Italie, l’Espagne et le Portugal ne se sont tendus que de quelques points de base. Hier soir, la Bourse d’Athènes était en baisse de près de 4%. En revanche, l’euro est resté plutôt stable avec une parité euro/dollar proche de 1,22.

«Nous nous attendons à une augmentation de la volatilité sur les marchés compte tenu de l’accroissement de l’incertitude sur le résultat potentiel de l’élection et la politique du nouveau gouvernement, d’autant que Syriza n’a jamais été au pouvoir», préviennent les économistes de Barclays. «Les actifs grecs devraient rester sous pression, la contagion au reste de la périphérie devrait rester limitée, car il s’agit clairement d’un problème propre à la Grèce et parce que la politique monétaire expansionniste devrait continuer à peser sur les spreads de crédit», relativise Tullia Bucco, économiste chez UniCredit.

«Il est possible que le programme d’aide de l’Union européenne soit étendu à nouveau pour quelques mois mais il est aussi possible qu’il arrive à expiration sans qu’un nouveau plan n’ait été mis en place ce qui devrait, au moins temporairement, limiter l’éligibilité des titres grecs à la BCE», s’inquiète la recherche de Citi. Les Européens se sont pourtant engagés à mettre en place un filet de sécurité financier pour la Grèce via le mécanisme européen de stabilité (MES). La recherche de Natixis souligne que l'incertitude politique «devrait se répercuter sur la confiance des investisseurs et pourrait nuire à la reprise économique qui est en cours».

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