Le Royaume-Uni enquête sur les pratiques de PwC

le 24/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'autorité de tutelle des sociétés d'audit a lancé deux procédures relatives au travail du cabinet pour le compte de Tesco et de Barclays.

Accusé par l’enquête LuxLeaks d’avoir aidé certaines multinationales à organiser des montages fiscaux litigieux au Luxembourg, PwC fait cette fois l’objet de deux enquêtes formelles du Financial Reporting Council (FRC), l’autorité britannique de supervision des sociétés d’audit et d’expertise comptable. Ces enquêtes concernent les relations entre PwC et deux de ses clients: le distributeur Tesco et la banque Barclays, tous deux en délicatesse avec les autorités britanniques.

Dans le premier cas, l’enquête est liée «à la préparation, l’approbation et l’audit des états financiers de Tesco pour les exercices fiscaux clos les 25 février 2012, 23 février 2013 et 22 février 2014, ainsi qu’à la conduite [de PwC] dans les faits relatés dans les résultats semestriels clos le 23 août 2014», indique le FRC. Tesco, dont PwC est l’auditeur depuis 1983, indique qu’il collaborera avec les autorités.

Cette enquête semble logique dans la mesure où la chaîne de supermarchés est au centre d’un scandale comptable, depuis qu’elle a admis avoir surévalué ses bénéfices de 263 millions de livres sterling (335 millions d’euros) au premier semestre 2014. Cela a conduit le groupe à lancer un avertissement sur ses résultats. Ce scandale a déclenché une série d’enquêtes, notamment du Serious Fraud Office britannique (en charge des affaires d’escroquerie et de corruption), et pourrait aboutir à des dépôts de plaintes d’investisseurs aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

La seconde enquête du FRC est liée à une affaire de défaut de ségrégation des actifs de la clientèle, dans laquelle Barclays, autre client de PwC, a été condamné en septembre dernier par la FCA (Financial Conduct Authority, le régulateur financier britannique) à verser une amende de 38 millions de livres – un montant record pour ce type de cas. La FCA reprochait à Barclays de ne pas avoir conservé une information suffisante sur 16,5 milliards de livres d’actifs de ses clients que sa banque d’investissement avait placés chez un dépositaire entre 2007 et 2012. Le FRC s’interroge sur un éventuel défaut de signalement de PwC à la Financial Services Authority, à laquelle la FCA a succédé en 2013.

«Nous prenons nos responsabilités très au sérieux et nous sommes déterminés à travailler selon les normes professionnelles les plus strictes. Nous coopérerons totalement avec le FRC dans le cadre de ses enquêtes», a répondu PwC.

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