Le gouvernement grec ne parvient pas à faire élire son candidat à la présidentielle

le 18/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le vote n'est que le premier d'une série de trois. 160 parlementaires semblent prêts à soutenir le gouvernement ; 180 sont nécessaires à une victoire.

Le gouvernement de coalition grec a réussi à fédérer hier 160 parlementaires en faveur de son candidat à la présidentielle soit 20 de moins que le nombre nécessaire à l'élection de Stavros Dimas à la fin du mois de décembre. Le vote intervenu hier est le premier de trois scrutins qui devraient se tenir pour élire un nouveau président grec. Si le gouvernement d’Antonis Samaras n’arrive pas à faire élire son candidat, des élections générales pourraient être convoquées.

Les scrutins sont regardés avec beaucoup d’attention par les Européens et les acteurs des marchés financiers qui redoutent que des élections générales ne propulsent au pouvoir le parti d’extrême gauche Syriza. Celui-ci s’est prononcé en faveur d’une renégociation de la dette du pays et d’une augmentation des dépenses publiques alors que le pays a déjà restructuré sa dette et a bénéficié d’un programme d’aide de 172 milliards d’euros en 2012 de l’Union européenne et du Fonds monétaire international.

Le gouvernement devait rallier hier au moins 200 parlementaires pour faire élire Stavros Dimas et rester au pouvoir pour mettre en œuvre les réformes. Sur 160 votes positifs, 155 émanaient d’élus de la coalition et 5 de parlementaires indépendants. «Le résultat est clairement en dessous du seuil des 200 députés mais personne ne s’attendait aujourd’hui à autre chose qu’une étape vers le troisième vote le 29 décembre ou le seuil sera abaissé à 180 députés», écrit l’économiste de JPMorgan, David Mackie.

«Le résultat pourrait apparaître décevant du point de vue de la coalition au pouvoir. Cependant, nous recommandons la prudence en matière d’interprétation du résultat d’aujourd’hui», poursuit l’économiste. Alors que les marchés financiers avaient violemment réagi à l’annonce de l’organisation d’une élection présidentielle au début du mois, hier le rendement des titres d’Etat grecs à 10 ans se détendait de plus de 30 points de base à 8,49% tandis que les taux des autres titres souverains de la zone euro étaient en baisse.

«Le vote d’aujourd’hui est seulement le premier tour de ce processus et nous devrions assister à de nouvelles manœuvres politiques entre aujourd’hui et le 23 (second vote) et bien sûr le 29 décembre, jour du tour final», relativisait aussi hier la recherche de RBS, avant les résultats du scrutin.

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