Berlin confirme la réduction de ses besoins de financement

le 18/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La France devrait être le seul pays de la zone euro avec l'Irlande à accroître son programme d'émissions à un record de 216 milliards d'euros.

Berlin confirme la réduction de ses besoins de financement

L’Allemagne confirme la baisse de ses émissions d’obligations d’Etat l’an prochain à leur plus faible niveau depuis 2002. Le Trésor allemand procédera en effet à des émissions totales de 185,5 milliards d’euros sur 2015, auxquels s’ajouteront de 10 à 14 milliards d’émissions d’obligations indexées. Berlin avait déjà réduit ses besoins de 12 milliards cette année, à 212 milliards d’euros.

Sur le montant prévu pour 2015, Berlin adjugera 56 milliards d’euros d’obligations à 2 ans («Schatz»), 39 milliards à 5 ans («Bobl»), 46 milliards à 10 ans («Bund»), ainsi que 6 milliards supplémentaires à 30 ans.

A ces émissions à moyen et long terme de 147 milliards s’ajouteront 38,5 milliards d’émissions à court terme. Le pays dispose d’une courbe des taux négative jusqu’à la maturité 5 ans où ils sont positifs de seulement 6 pb, alors que le rendement du Bund est tombé sous le seuil de 0,60% à un nouveau plus bas historique de 0,59%. Sur la partie 30 ans, le rendement allemand se traite à seulement à 1,41%, soit un spread entre les taux 2 ans et 30 ans inférieur à 150 pb.

Après une hausse de ses émissions à 932 milliards d’euros d’obligations cette année, après 910 milliards en 2013 et 862 milliards en 2012, la zone euro devrait réduire ses émissions brutes totales de 20 milliards l’an prochain, malgré une hausse des tombées de 30 milliards, à près de 650 milliards, selon Natixis. En termes de flux nets, la baisse attendue pour 2015 approche les 50 milliards, avec un volume total à absorber d’environ 263 milliards.

Outre l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne et l’Italie devraient également réduire leur volume d’émissions à hauteur de 5 à 10 milliards d’euros l’an prochain. En excluant les 5 milliards préfinancés cette année par l’Espagne, son programme 2015 devrait néanmoins rester stable par rapport à 2014.

Derrière l’Italie qui a émis 269 milliards d’euros cette année, la France devrait renforcer sa place de deuxième plus gros émetteur de la zone. L’AFT, qui rendra public aujourd’hui son programme définitif 2015, devrait ainsi placer un montant record de 216 milliards, en tablant sur un programme de rachats de 28 milliards, en hausse d’environ 15 milliards, selon Natixis.

L’Irlande devrait elle aussi augmenter son recours au primaire obligataire à hauteur de 5 milliards pour un objectif de 17 milliards, du fait notamment du remboursement de 9 milliards de prêts octroyés par le FMI.

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