Les émetteurs supranationaux se préparent à un autre millésime actif

le 17/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les volumes d'émission pourraient dépasser 250 milliards d'euros en 2015, selon Natixis. Un éventuel programme d'achat de la BCE soutiendrait le marché

L’année 2015 s’annonce à nouveau très active sur les marchés pour les émetteurs supranationaux et les agences publiques ou parapubliques. Alors que la banque allemande KfW a annoncé lundi un programme d’émission de 55 à 60 milliards d’euros l’an prochain, la régulation bancaire et d’éventuels achats de la Banque centrale européenne devraient à nouveau garantir un volume important de levées de fonds pour ce compartiment des marchés obligataires.

«Le volume des émissions en 2015 devrait être légèrement inférieur à 2014, avec un total d’environ 255 milliards d’euros contre 270 milliards d’euros attendus à fin 2014», souligne la recherche crédit de Natixis dans une récente étude qui englobe aussi des entreprises publiques comme la SNCF, la RATP ou La Poste. Les besoins devraient cependant varier fortement selon les émetteurs. La Facilité européenne de stabilité financière (FESF), qui gère jusqu’à extinction les programmes d’aide accordés à l’Irlande ou encore au Portugal, devrait réduire de 20 milliards d’euros en 2015 ses appels au marché. A l’inverse, la Banque européenne d’investissement (BEI), appelée à jouer un rôle majeur dans le déploiement du plan Juncker, pourrait maintenir à 60 milliards un programme d’émission qui était censé baisser l’an prochain.

Le marché ne devrait pas avoir de mal à absorber ce nouvel afflux de papier. Cette année, les signatures supranationales ou parapubliques ont bénéficié de l’effet «LCR», car elles peuvent être considérées comme des actifs hautement liquides dans le cadre des coussins de sécurité que doivent constituer les banques pour gérer leur ratio de liquidité à 30 jours. Les achats de dette par les établissements de crédit ont contribué à resserrer les spreads.

En 2015, l’effet LCR devrait continuer à jouer favorablement, mais le principal impact pourrait venir d’un éventuel programme d’assouplissement quantitatif de la BCE. Avant de lancer un QE sur la dette souveraine, ou en même temps, la banque centrale pourrait être tentée d’acheter des titres d’agences. Un scénario jugé probable par Natixis, qui chiffre à 80 milliards d’euros la taille d’un tel programme, en ciblant «particulièrement les agences finançant les PME (Bpifrance Financement, CDC, Banque du Conseil de l’Europe, BEI, ICO, KfW et Rentenbank)». Dans ce cas de figure, les spreads de ces émetteurs par rapport au Bund devraient encore se resserrer.

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