Les investisseurs hésitent à franchir le pont entre Shanghai et Hong-Kong

le 24/11/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si l'intérêt des investisseurs pour les actions A à Shanghai est tombé au fil de la semaine, la démarche vise une inclusion dans les grands indices

Le «Shanghai-Hong-Kong Stock Connect» a connu un démarrage timide. Lundi dernier, jour de son lancement officiel, le quota d’investissements quotidiens autorisés de Hong Kong vers les actions A des indices SSE 180 et SSE 380 («Northbound») de 13 milliards de yuans a été consommé dès la mi-séance, avec 7 milliards placés avant l’ouverture. L’utilisation du quota est ensuite tombée à 37% mardi, 20% mercredi, 17,5% jeudi et 18% vendredi, avec le recul des ordres d’achats, explique Hervé Lievore, stratégiste chez HSBC Global AM à Hong-Kong.

Les investissements chinois vers Hong-Kong («Southbound») ont connu la même tendance mais dans des niveaux nettement plus faibles. Sur la semaine, 36% du quota sur les actions A ont été utilisés et 6% sur les actions H de l’indice Hang Seng. Au total, 26,5 milliards de yuans sur 117,5 milliards de quotas (22,5%) ont été consommés. Cette faiblesse du «canal sud» s’explique par «un manque de participation des investisseurs institutionnels, un temps d’adaptation étant nécessaire pour déployer de nouveaux produits», explique HSBC.

Le Hang Seng cédait 2,7% et l’indice composite de Shanghai est resté stable la semaine dernière. «Les fonds les plus pointus présents sur le marché hongkongais ont pu se positionner immédiatement, alors que les autres sont plutôt en position d’attente», explique Stéphanie Marelle, directrice de BNP Paribas Securities Services à Hong-Kong. D’autant que les règles de livraison sont contraignantes pour la plupart des acteurs, exposés à des risques de contrepartie.

«La Chine passe d’un système de quota par institution à un système attribué par marché, ce qui constitue une petite révolution», ajoute Stéphanie Marelle. Cette ouverture intervient quelques mois avant que le MSCI ne réétudie une possible inclusion des actions A dans son indice «Emergents». Si tel était le cas, «les investisseurs internationaux devront reconsidérer leur exposition à la Chine dans leur allocation d’actifs», estime Aurel BGC.

La perspective d’une intégration dans le «Stock Connect» de l’indice de Shenzhen, plus ouvert aux sociétés privées, et en hausse de 29% sur 2014 contre 17,5% et 0,5% pour le Shanghai et Hang Seng, pourrait être décisive. En outre, Pékin s’est lancé dans vaste projet de réforme des entreprises d’Etat visant à les rapprocher des standards du secteur privé, notamment en termes de transparence, et réduit progressivement son poids dans les groupes cotés.

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